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Les femmes et le développement rural au Burkina Faso
09 août 2006 Dans la province du Soum au nord du Burkina Faso, la population est confrontée à des conditions de vie difficiles. Les femmes en particulier, dans les 175 villages qui forment les neuf départements de la province, ont peu de ressources économiques. Les sécheresses de plus en plus fréquentes aggravent la situation économique des familles qui dépendent de l’agriculture pour vivre. Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Fonds d’équipement des Nations Unies (FENU) s’efforcent de leur venir en aide en créant des activités génératrices de revenus. Leur succès dépend beaucoup de la formation dispensée sur le plan local avec le soutien du programme des Volontaires des Nations Unies (VNU). Korotimi Yameogo fait partie de l’équipe de Volontaires des Nations Unies qui aident les familles, en particulier les femmes, à s’en sortir. Ma mission de Volontaire des Nations Unies dans mon pays, le Burkina Faso, est d’apporter une assistance directe auprès des femmes qui participent aux activités du Projet d’appui au Sahel Burkinabé du FENU. Progressivement et au fur et à mesure qu’elles développent ces activités, les femmes deviennent confiantes et prennent un rôle participatif dans les décisions qui affectent leur village. En travaillant directement avec elles, j’échange mes connaissances sur la situation des femmes dans le monde et les travaux réalisés pour elles par des volontaires qui cherchent à améliorer leur statut social et leur situation économique en général. J’arrive ainsi à encourager les unes et les autres à prendre un rôle leader dans les activités du projet. Les femmes sont motivées et deviennent confiantes dès le moment où elles ont accompli un projet économique qui commence à porter ses fruits. Dans la province du Soum, le rôle des femmes, surtout des Peuhles, se limite aux tâches familiales et domestiques, bien qu’elles aient la capacité de prendre un rôle économique beaucoup plus important. Les femmes ont le pouvoir d’agir positivement sur le développement des villages ruraux. La preuve est qu’elles assument déjà des rôles vitaux pour les familles comme les corvées quotidiennes : ce sont elles, en effet, qui vont chercher l’eau chaque jour au puits ou à la rivière, ou qui vont aux champs faire les cultures et la récolte. Pour aider aux activités du FENU, je m’efforce de contribuer à donner un rôle prépondérant aux femmes dans les nouvelles occasions de travail et de revenus créées pour elles. Mon rôle est de guider les femmes dans ces activités, de les aider à les développer en créant des structures de petits crédits. Je prends l’exemple des moulins à mil que des femmes ont installé dans des villages. Chaque jour, des villageoises viennent leur apporter le mil à écraser en contre partie d’un peu d’argent. Une partie est placée dans une réserve qui va servir à octroyer de petits prêts à d’autres femmes pour qu’à leur tour elles ouvrent de petits commerces. A côté de cela, le projet cherche aussi à alléger les corvées, par exemple en installant un puits ou un centre de soins à proximité du village. De mon côté, je forme et j’informe les femmes sur les meilleures façons de gérer les revenus et accroître le crédit, tout en les encourageant à prendre une part de responsabilités dans la gestion communale du village. Certaines ont déjà un poste de conseillère dans leur nouvelle commune rurale qui se développe avec l’avancée des étapes de la décentralisation. Cela fait maintenant trois ans que j’aide aux activités dans le cadre de ma mission de VNU spécialisée dans les questions relatives au rôle de la femme pour le développement. Après cinq ans d’exécution, le Projet d’appui au Sahel Burkinabé a fait appel à mes services de sociologue dans le but de donner plus d’impulsion aux activités engagées avec la population féminine. La décision du FENU est fondée sur mon travail réalisé pendant dix ans pour l’Union des Producteurs Agricoles du Burkina, en particulier au niveau de la formation. Je me suis beaucoup investie auprès des femmes qui ont créé des activités génératrices de revenus : élevages de moutons, moulins à mil, ambulances rurales. Les ambulances rurales sont des charettes pour le transport des malades à l’hôpital le plus proche. Au terme de ces trois années de volontariat, je me réjouis de mon expérience de VNU. Je suis heureuse de constater une ouverture d’esprit chez ces femmes, qui ne connaissaient pas le 8 mars, la Journée internationale des femmes. Je leur ai expliqué que d’autres femmes dans le monde avaient les mêmes problèmes que les Africaines et que des volontaires s’efforçaient de les aider et de trouver des solutions pour elles. Cela les a réellement motivé pour fêter le 8 mars et échanger conseils et expériences entre elles. Maintenant, ça va changer ! Ce leitmotiv, je l’ai entendu pratiquement dans chacun des quarante-deux villages où j’ai fait récemment une évaluation de projet. Les femmes et les conseillères des nouvelles communes m’ont parlé de l’évolution de la condition féminine et du développement dans les communautés à la base. Elles ont compris que c’est important de tenir compte du rôle des femmes pour garantir un développement durable et équitable au plan local. Elles ont dit que la Journée Internationale de la Femme sera l’occasion propice à mesurer les évolutions de la condition des femmes dans les nouvelles communes rurales. Finalement, je suis émue devant les lueurs d’espoir qui se sont réveillées chez certaines, tant leur résignation était totale et qu’elles vivaient leur condition comme un sort, une destinée inchangeable. Plusieurs femmes ont expliqué qu’effectivement, si les choses bougent un peu partout dans le monde, elles devraient aussi bouger pour les femmes dans leur province, surtout pour leurs filles et les générations qui suivront. C’est pour cela qu’elles vont s’engager dans la lutte ; « Maintenant, ça va changer ! », disent-elles. J’ai rencontré le nouveau conseiller régional qui m’a dit : « il est clair que désormais nous ne pouvons plus travailler sans les femmes ». |
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