Mission électorale au Timor-Leste
par Marie-Hélène Urdiales

08 juin 2007

Aileu, Timor-Leste:

Partir de Dili, la capitale, qui se situe au nord de l’île et en bord de mer, pour Aileu, un petit village de montagne situé à cinquante kilomètres au sud, au milieu des terres, et à une certaine altitude, nous a pris plus d’une heure. La température a chuté de 38 à 20 degrés Celsius. Quels jolis paysages nous avons traversés !

Une voiture m’avait été confiée à Dili. Un collègue, Fernando, avocat péruvien et volontaire VNU comme moi, a gardé le volant à cause de la conduite à droite sur des routes de montagne en lacets encombrées de piétons inattentifs, enfants, chiens, chèvres, cochons et poules. Pas très rassurée, j’ai vite trouvé l’expérience amusante.

Avant de nous envoyer sur le terrain, on a pris le temps de nous préparer. Infos en tous genres, formation, mesures de sécurité à l’arrivée. Le « check in » m’a – nous a – pris toute une journée. Car je n’étais pas seule. Les autres étaient du Myanmar, Sri Lanka, Kenya, Zambie, Australie, Nouvelle-Zélande, Népal...

J’ai été badgée, vaccinée, munie d’une radio pour commencer le travail d’éducation, de formation et de conseil électoral. Tout se passe dans la gaieté et la bonne humeur. L’ambiance est cordiale et décontractée et mes collègues sont aimables et ouverts.

A Aileu, tout le monde se connaît. La langue utilisée à priori est l’anglais. Les anciens racontent leurs aventures et mésaventures. Certains se sont trouvés dans des lieux dangereux, ont connu des guerres, des alertes à la bombe, des conflits de toutes sortes. J’ai déjà suivi trois cours sur la sécurité et je constate que c’est un sujet très sensible.

J’en suis à ma première semaine passée à coller des affiches pour sensibiliser la population contre la violence et servir de chauffeur à travers la montagne pour aller porter des tracts, assister à des réunions politiques ou chercher des listes de votants. Les élections auront lieu fin juin et le mouvement doit s’accélérer incessamment.

Ce qui me chiffonne, ce sont les conditions de vie, hygiène, confort. J’ai atterri dans une maison avec deux autres collègues, une Africaine et une Portugaise. Il va falloir que nous installions une moustiquaire, car la malaria et la dengue sévissent dans le coin. Il n’y a pas d’eau courante et nous disposons de l’électricité quelques heures par jour, et pas tous les jours de la semaine. Aussi, une fois la toilette à l’eau froide et le brossage des dents a l’eau minérale terminés, il ne nous reste que peu d’énergie pour cuisiner à la lueur d’une bougie.

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)