Fils RSS
Accueil | Contacts | FAQs | Recherche | Plan du site | Politique en matière de divulgation de l’information
|
||
|
Mon expérience de volontaire au Timor-Leste
23 août 2007 Dili, Timor-Leste: Au cours des cinq derniers mois, Mme Idalina Manuela Da Silva a officié en tant qu’assistante conseillère électorale pour l’égalité des sexes au sein de la Mission intégrée des Nations Unies au Timor-Leste, section de l’assistance électorale (EAS). Elle relate par écrit son expérience et ses tâches antérieures au Timor-Leste pour la série « Voix du personnel » de i-Seek. Je me suis déjà rendue au Timor-Leste. Deux fois, pour être exacte, c’est pourquoi quand l’occasion s’est présentée d’y revenir en tant que volontaire VNU, je n’ai pas hésité une seconde. J’ai foncé et suis devenue volontaire du programme VNU. Mon seul dilemme était d’annoncer à mon chef à Toronto que j’allais m’absenter trois mois. Je savais que le membre du parlement, mon chef, serait à Toronto pendant quelques jours pour notre réunion mensuelle. J’ai pensé que cette date serait le moment opportun de lui parler, de lui indiquer que j’avais été contactée par le bureau du programme VNU et que je serais si heureuse s’il m’autorisait à m’absenter et à laisser ma charge de travail à mon assistant André. Après une longue conversation, « mon » membre du parlement m’a généreusement accordé l’autorisation et sa bénédiction pour m’embarquer dans cette nouvelle expérience. J’étais excitée à l’idée de devenir une volontaire VNU, d’être l’un des conseillers électoraux de district et de participer à la toute première élection démocratique au Timor-Leste. Je n’étais pas novice en matière de volontariat, j’avais été volontaire pendant plus de 20 ans dans ma communauté, avec « Street Kids International », « United Way », et le programme « Police Victims » entre autres. Je suis donc partie par un froid matin de l’hiver canadien et suis arrivée à Dili trois jours plus tard, le 12 mars 2007. En quittant le terminal Nicolau Lobato de l’aéroport international de Dili, mon regard s’est instinctivement porté vers la droite, pour suivre des yeux la route poussiéreuse qui mène à Camp Canada, où j’ai vécu presque deux années. La mélancolie n’a pas duré car j’ai été surprise par un ami que je n’avais pas vu depuis trois ans qui attendait quelqu’un. Comme je me dirigeais avec le chauffeur du programme VNU vers la voiture, des enfants se sont approchés pour nous aider avec les bagages. Mon regard s’est porté vers le triste spectacle du camp des personnes déplacées. Cet endroit que j’avais si souvent foulé de mes pas était maintenant une ville de personnes déplacées qui survivaient avec leur famille dans des dizaines de tentes blanches. C’est vrai, j’avais suivi l’actualité mais je n’étais pas préparée à me retrouver face à ces visages désemparés qui regardaient passer la voiture qui me conduisait à l’hôtel Timor Lodge. Le sentiment de revenir après trois années et de revoir ces endroits familiers prenait tout un sens pour moi. J’étais à la fois heureuse et triste de voir le Timor dont je me souvenais si différent, comme si le temps s’était arrêté et que la productivité que j’avais vu se développer chez les Timorais en 2003 et 2004 s’était perdue dans la poussière du temps. Mais une autre bonne surprise m’attendait. Après une semaine de formation, nous avons été dirigés sur nos districts respectifs. Nous étions tous excités et impatients de savoir quel district serait notre nouvelle « maison ». Le quatrième jour de formation, Juliette Chinaud, la conseillère électorale pour l’égalité des sexes est venue dans notre bureau pour nous informer qu’elle cherchait un assistant pour travailler avec elle sur la composante égalité des sexes en matière électorale à Dili. L’espace d’une minute, je me suis demandée si je devais me proposer, si je voulais aller au district ou rester à Dili. J’ai travaillé sur les questions de genre auparavant à Toronto, c’est pourquoi j’avais la certitude que si je devais rester et travailler sur les questions de genre lors des élections, je pourrai non seulement partager mes connaissances sur la question mais aussi apprendre de Juliette et de l’expérience des femmes timoraises. Quelques jours plus tard, je travaillais avec Juliette sur les questions de genre. Aujourd’hui, près de cinq mois après mon retour, je regarde en arrière sur ce que j’ai réalisé et je suis satisfaite. Comment puis-je oublier le début de mon expérience? Quand j’ai cherché pendant une heure le bâtiment des Nations-Unies. J’avais demandé où il était situé et on m’avait répondu qu’il se trouvait dans le quartier du PNUD. Je m’y suis rendue à pied. Puis on m’a indiqué qu’il se trouvait en dehors d’Obrigado, je me suis donc rendue aux alentours des barraques d’Obrigado jusqu’à ce que je réalise qu’effectivement, il se trouvait en dehors d’Obrigado, mais dans la rue derrière, tout près du Palacio de Cinzas. J’y suis donc arrivée en sueur. Ou encore la première fois que j’ai dû m’adresser à Scott Cunliffe au bureau du représentant spécial du secrétaire général et que je n’arrivais pas à me souvenir de son nom (tous ceux qui me connaissent savent que je ne sais pas me souvenir des noms), je crois que je l’ai appelé de nombreuses fois, mais jamais Scott. Ou quand j’étais chargée d’établir une liste de tous les médias locaux, des ONG locales et internationales et trouver leur adresse. Comme nous le savons tous, au Timor Leste, le nom des rues sur une carte ne veut rien dire puisqu’il n’est pas signalé dans la rue. Je demandais donc mon chemin et on me répondait « le bureau du journal « Timor post » se trouve ici en m’indiquant une direction. Je suivais cette direction pour m’apercevoir 15 minutes plus tard, que je ne le trouvais pas. Je revenais donc au bureau, déçue de ne pas faire le travail comme je l’avais souhaité. Ou quand j’ai appelé pour prendre rendez-vous pour une réunion et ne pouvais communiquer à cause de la barrière de la langue. J’étais si désespérée et si frustrée. Ou quand j’ai contacté Nicholas, Anita au PNUD, le personnel du secrétariat technique pour l’administration des élections au Timor (STAE)et celui de la commission électorale nationale (CNE) ainsi que tous les responsables des districts pour les listes sur la composante égalité des sexes. J’avais parfois l’impression qu’ils me prenaient pour une extra-terrestre. «Vous êtes qui ? D’où ? Egalité des sexes… que voulez-vous ? » Ce fut un travail difficile de développement des capacités, de tolérance, de compréhension, beaucoup d’apprentissage et de ténacité ; finalement, après le second tour des élections présidentielles, je n’étais plus “la personne qui s’occupe de l’égalité des sexes” mais Idalina, l’assistante de EAS pour l’égalité des sexes. Nos collègues locaux et internationaux savaient qui j’étais, ce que je cherchais quand je les contactais et ensemble nous avons pu mieux appréhender les questions de genre. Comment puis-je oublier la toute première réunion avec Maria Angelina Sarmento, porte-voix du CNE"? Ce que j’ai retenu de cette réunion (je ne comprenais que le quart de ce qui se disait) c’est la force, le courage, le dévouement, l’obstination de toutes les femmes présentes et combien elles désiraient que la démocratie soit pour le Timor Leste la voie de l’épanouissement pour chacun dans ce pays.J’ai alors réalisé que les femmes timoraises possèdent un immense potentiel pour contribuer au développement des capacités du pays et qu’elles sont la colonne vertébrale du Timor Leste. Suite à cette réunion, j’ai participé à de nombreuses autres réunions et j’avais toujours le même sentiment. Mon respect pour les femmes timoraises et pour les hommes qui les soutiennent s’amplifiait et j’ai fini par participer au développement des capacités, à la logistique, aux conférences et à faire partie de la composante égalité des sexes, les femmes et l’éducation électorale. J’ai rencontré des femmes timoraises comme Paula Rodrigues, Judith Ximenes, Dinorah Granadeiro, Teresinha Cardoso, Lita Verdial, Manuela Leong Pereira, Filiomena Guterres Soares, Maria Dias, Dulcie Victor, women journalist from Ainaro, Oecussi, Viqueque, Maliana and Manufahi, Ana Paula da Costa, Milena Pires, Angela Freitas, Angela Carrascalão, Laura Pina et des hommes comme Faustino Cardoso Gomes, Gil Gueterres, Aderito Hugo, Salvador Ximenes Soares, Pezart, Tony Belo, and Ilidio da Costa. Je suis consciente que mon expérience, comparée à celle des volontaires VNU postés dans les districts, est modeste. J’étais confortablement installée à Dili et je n’avais pas à endurer des conditions difficiles pour aider les timorais à avancer vers la démocratie. Je n’ai pas eu à transporter des urnes par-dessus des rivières peuplées de crocodiles, à dormir dans une voiture ou à subir d’autres situations difficiles. Ces quelques humbles propos ne sont qu’un petit exemple de ce que j’ai expérimenté et appris au Timor Leste. Mon expérience va au-delà de ce que j’attendais lorsque je me suis engagée comme volontaire VNU. J’ai rencontré des timorais et des amis que j’avais connus lors de précédents séjours. Je me suis fait de nouveaux amis, des timorais et des expatriés, certains pour la vie, d’autres pour une saison. Mais, quelle que soit ma contribution, je l’ai faite avec les moyens dont je disposais et avec tout mon cœur. Dans quelques jours, je pourrai faire ce que j’attends de faire depuis plus d’une année, livrer à l’orphelinat de Gleno, dans le district d’Ermera, 20 cartons de fournitures scolaires et de vêtements d’enfants qui viennent du Canada. Je vais rencontrer des personnes et parler de bourses d’études à de jeunes timorais qui ont de bons résultats scolaires et ont besoin de soutien financier pour poursuivre leurs études. Vous voyez, je crois fermement que l’éducation est un instrument de lutte contre la pauvreté dans le monde. Je suis maintenant la marraine d’un bébé timorais. J’ai assisté à la remise du diplôme de fin d’études secondaires d’une jeune fille timoraises que j’ai sponsorisé. Je fais partie de son avenir.C’est pourquoi, par-delà l’enrichissement professionnel, je suis aussi devenue meilleure car j’ai pu partager les difficultés des femmes timoraises qui peuvent, je crois, être soulagées grâce à l’aide des médias au niveau local. L’importance des questions de genre, les femmes timoraises, les élections et leur rôle dans la famille sont des messages très importants qui ont longtemps été négligés par les médias timorais. C’est seulement après la Conférence du 9 juin 2007 sur l’égalité des sexes et les médias dans les élections et le développement de la nation que les choses ont commencé à changer. Ce même soir, les échos de la conférence parvenaient aux radios locales et aux journaux le jour suivant. Comment puis-je oublier ce jour où je me trouvais dans les bureaux de votes et me rendait compte des améliorations à chaque scrutin (9 avril, 9 mai et 30 juin) ou le fait que désormais, chaque fois qu’une élection a lieu, les procédures et règlements timorais des opérations de vote de la section III, article 31 et 32 de l’ordre électoral, il y a un contrôleur dans la file pour protéger les femmes qui votent et qui sont soit malades, soit enceintes, soit handicapées ou âgées. Le fonctionnaire responsable de l’identification doit noter le sexe du votant sur un document appelé « liste des votants possédant une carte électorale ou un passeport ». Cette procédure peut paraître vulgaire mais avant le second tour des élections présidentielles du 9 mai 2007, ces articles ne figuraient pas dans les règles et procédures pour les élections au Timor-Leste. Grâce à la ténacité de l’unité de l’égalité des sexes lors des élections, ils figurent désormais dans le document des procédures et règlements électoraux au Timor Leste. C’est la troisième fois que je fête l’anniversaire de ma fille à Dili. J’ai fêté la fête nationale canadienne et portugaise à Timor Lorosae pour la troisième fois aussi. J’ai appris à tolérer le bruit des rats et j’ai même apprivoisé une souris. J’ai appris à aimer les douches froides et à être la risée des enfants timorais qui s’amusaient des drôles de bruits que je faisais en prenant une douche.Une fois de plus j’ai apprécié la saveur de la cuisine timoraise et j’ai eu la chance de danser au clair de lune sous des milliers d’étoiles. J’ai escaladé des collines et me suis baignée dans les eaux claires de l’île des crocodiles. J’ai semé des graines et je les ai vues germer en petite quantité mais avec le temps, je crois qu’elles vont se multiplier et produire des résultats meilleurs.Puis je regarderai en arrière et je serai fière d’avoir été une volontaire VNU au Timor-Leste et d’être un acteur de la nouvelle histoire démocratique du Timor Leste. |
||
| Accueil | Contacts | FAQs | Recherche | Plan du site | Politique en matière de divulgation de l’information | ||
| Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) | ||