Portrait d'une Volontaire VNU qui défend les droits de l’homme au Niger
par Fabienne Copin

12 décembre 2003

Bonn, Allemagne: Isabelle Frossard est en poste au Niger en tant que Volontaire des Nations Unies (VNU) spécialiste des droits de l’homme sous le programme HURIST. La volontaire originaire de la Suisse analyse les standards du pays en matière de droits de l’homme : « HURIST, explique-t-elle, est un projet de coopération du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) avec l’Office du Haut Commissaire pour les Droits de l’Homme (OHCHR). » L’initiative est née en 1999 et a pour but de garantir la promotion des droits de l’homme dans les projets de coopération au développement. Le Bureau des Nations Unies des services de projets UNOPS est l’agence d’exécution. Elle est chargée à ce titre de fournir les ressources en aide aux pays en développement pour la paix et la croissance économique et c’est principalement auprès du programme VNU que l’agence trouve des ressources pour promouvoir les droits de l’homme dans les pays du Sud.

Depuis fin 2001, le programme VNU a envoyé 16 Volontaires des Nations Unies en mission pour HURIST en Afrique, en Amérique latine, en Asie, dans les Caraïbes, le Pacifique, les Etats arabes, en Europe de l’Est et dans l’ex-URSS. L’affectation des VNU est financée par le biais du budget HURIST qui s’élève à plus de huit millions de dollars ou avec les fonds versés par l’Allemagne avec la Fondation Ford, par la Finlande, l’Irlande, l’Italie, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et la Suisse. Avec HURIST, le programme VNU prend une part active à la réalisation des objectifs du développement — parmi eux, la promotion des droits humains — exprimés dans la Déclaration du Millénaire signée en 2002 par 160 nations membres de l’ONU.

« C’est la première fois que le programme HURIST est mis en œuvre au Niger », précise Isabelle Frossard. En sa qualité de pionnière, la volontaire fait de la prospection, cherche des références sur les standards nationaux en matière de droits de l’homme. Depuis son arrivée en avril 2002 à Niamey, la capitale, Isabelle Frossard a pris contact avec des associations nigériennes actives dans le domaine de la promotion des droits humains. Ces organismes sont devenus des interlocuteurs essentiels comme l’Association nigérienne de défense des droits de l’homme ou la Commission nationale des droits de l’homme. « Je me rends régulièrement aux réunions d’information pour mieux connaître la législation et les institutions juridiques du pays. »

La prison de Niamey fait partie de la chaîne des interlocuteurs que la volontaire cherche à développer pour arriver à une évaluation objective des standards en matière des droits de l'homme au Niger. Elle encourage l’application des droits de l’homme dans ce pays et c’est à ce titre qu’elle a effectué, en janvier 2003, une visite à la prison de Niamey où elle a rencontré les représentants de l’administration carcérale dans le cadre de l'initiative HURIST. « La tâche est complexe, dit-elle, il faut réviser des textes de loi ou le code de procédure pénale, par exemple, tout en tenant compte des réalités culturelles et économiques du pays.»

La VNU est à la recherche de financements qui pourraient permettre à des consultants étrangers de venir au Niger former des avocats, des juges et des juristes. « Un programme de réforme est en cours », confie-t-elle. Isabelle souhaite que son analyse des standards nationaux et les références recueillies en matière des droits humains puissent servir de base pour de futures recommandations sur l’orientation à suivre pour rehausser ces standards. L’éducation des droits et des libertés est primordiale, selon la VNU : « Il est indispensable de créer une ouverture d’esprit sur les droits humains, dit-elle, tout le monde à tous les niveaux institutionnels peut contribuer à développer le respect des droits humains dans le pays », conclut-telle.

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)