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Un deuxième tour électoral plutôt serein au Nord-Kivu
par Eric Estrivier, VNU Chargé d’information à Goma en RDC
13 novembre 2006 Pour la quatrième fois de leur histoire, les Congolais ont répondu à l’appel des urnes, qui les avait conduits préalablement aux présidentielles de 1984 à se prononcer pour un seul candidat, le Maréchal Mobutu Sese Seko, alors réélu avec 99,9% des voix. Le contexte social et électoral a quelque peu changé depuis, et tous les indicateurs de cette journée, semblent confirmer que la voix de la démocratisation est en marche, malgré quelques irrégularités relevées au cours du processus électoral, qui ne suffisent à remettent en cause sa crédibilité, selon les observateurs internationaux. La mobilisation importante des électeurs, bien que sensiblement inférieure à celle enregistrée lors du premier tour qui s’était conclue par 81,20% de participants, pourrait donner raisons aux analystes qui considèrent que le pouvoir à Kinshasa se joue toujours dans le Kivu. Des leçons tirées du premier tour D’un prime abord, les habitants de la région semblent s’être donné le mot afin de ne pas réitérer l’expérience du premier tour, caractérisée par de longues files d’attente perceptibles dès 4 heures du matin. La mobilisation des votants s’est donc effectuée de manière plus espacée, permettant ainsi aux responsables des bureaux de vote de gérer le flux des participants avec sérénité. Selon Fritz Krebs, responsable du bureau des élections de la Mission de l’ONU en République démocratique du Congo (MONUC), « la participation se situerait entre 65 et 75%, et la CEI s’est démenée malgré beaucoup de problèmes d’ordre logistique et matériels caractérisés par un manque de carburant, de cartouches d’encre pour les duplicata, et de bâches destinées à couvrir les toitures des centres de vote ». En outre, certaines régions ont reçu des lots de listes de candidats provinciaux appartenant à d’autres circonscriptions ; ce fut le cas pour quelques bulletins de Bandundu envoyés par erreur à Goma, de même que ceux de l’Equateur réceptionnés par Rutshuru. On a également constaté à Beni, que certains bulletins provinciaux étaient mal imprimés, mais selon le Président de la CEI, Apollinaire Malu Malu, « Les candidats bénéficiaient d’un délai de révision des bulletins pour une éventuelle contestation, le problème n’est donc pas imputable à la Commission Electorale Indépendante ». Les cessions de sensibilisation électorale, dont les populations ont pu jouir à l’initiative de la société civile et des agences de l’ONU avec le soutien de volontaires VNU, ont contribué au bon déroulement de ce scrutin. De plus, l’expérience acquise lors du référendum du premier tour, a permis aux agents de bureaux de vote de réagir rapidement en liaison avec les observateurs en cas de problème avéré. Le déploiement massif effectué par la police nationale dont certains éléments habillés en tenue anti-émeute a révélé que les conseils techniques prodigués par la Police MONUC en termes de sécurisation des sites, ont été salutaires. En revanche, certaines régions reculées du Masisi situées en zones rebelles à l’image de Mipfumu, ont vu leurs bureaux de vote déplacés dans la ville de Sake afin de faciliter le déploiement du matériel électoral et des équipes de suivi tout en évitant que la présence des troupes non brassées n’influence le déroulement du vote en intimidant la population. Selon le Capitaine Harry Doulla, agent de la Police MONUC, « le déplacement de ces bureaux depuis les zones insurgées ont pu avoir des conséquences sur le taux de participation ». Irrégularités mineurs, analphabétisme majeur Quelques tentatives de fraudes immédiatement réprimandées, ont toutefois entravé la bonne tenue du scrutin. De l’avis des observateurs présents dans les bureaux, il s’agissait essentiellement de prosélytisme à l’égard de tel ou tel candidat destiné à influencer les votants, comme ce fut relevé à Rwanguba et Katweguro, ou encore de personnes essayant de voter dans plusieurs bureaux différents ; exemple de Vitshumbi dans le territoire de Rutshuru. Le problème majeur de ce deuxième tour électoral, réside certainement dans le faible taux d’alphabétisation des populations du "Petit Nord". Devant les difficultés engendrées par un bulletin provincial comportant 123 candidats, les votants se sont de fait retrouvés devant les problèmes connus lors du premier tour, avec la liste interminable des candidats députés. D’après le chef du bureau électorale de Kadogo dans le Masisi, « Il a été décidé après consensus entre les témoins des partis et les responsables de bureau, que les personnes éprouvant le plus de difficulté parmi une population illettrée à 90% puissent être accompagnées dans l’isoloir, afin de réduire un temps de vote qui dépassait selon les cas, vingt minutes ». Selon Fritz Krebs, « cette assistance aux analphabètes a été engagée comme au premier tour, et les agents n’ont pas voulu suivre les recommandations de la CEI, qui demandait de le faire à titre exceptionnel ». Restée sourde aux vagues de violence qui se sont produites dans l’Ouest du pays les 20, 21 et 22 août, la région du Kivu fait pour le moment office d’enfant sage dans ce processus électoral, donnant raison à Javier Solana, le Haut représentant de l’Union Européenne pour la PESC qui estime que « […] le peuple congolais a en effet renouvelé avec sérénité et dignité son attachement à la paix et à la démocratie ». Epuisés par les deux Guerres du Congo qui ont profondément marqué les mentalités, les habitants de l’Est aspirent à juste titre à une normalisation de la situation, et d’aucun pense que les urnes est le seul moyen d’atteindre cet objectif. Les politiques semblent aujourd’hui prêts à donner raison à la population, et la signature le 17 octobre, par les représentants du Président Kabila et du vice-Président Bemba d’une déclaration d’intention de bonne conduite post-électoral, tend à faire espérer que le processus se terminera dans le calme et la sécurité. |
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