Un espoir pour les jeunes de Goma
par Francesca G. Calvi

15 septembre 2006

Le 12 août célèbre chaque année la Journée internationale de la Jeunesse et la ville de Goma a commémoré cette date avec le soutien de la Mission de paix de l’ONU en République démocratique du Congo et les volontaires des Nations Unies qui comptent parmi le personnel de la mission. La célébration organisée par l'Union des Jeunes Artistes, des Dessinateurs et des Peintres (UJADP) a révélé les droits des enfants à la communauté locale grâce à un atelier d'arts figurés, de musique et de théâtre. De jeunes artistes avaient été appelé à participer à une compétition sur le thème « les Enfants et la Violence ». Plus d’une centaine de jeunes ont exposé leurs talents et exprimé, de manière créative, leurs espoirs pour un avenir meilleur. Cet événement compte parmi de nombreux organisés avec l’appui de volontaires des Nations Unies qui aident la mission de paix dans ses activités électorales visant au maintien de la paix au Congo.

L'occasion joyeuse n'a pas dissimulé la gravité des problèmes touchant beaucoup d'enfants en République Démocratique du Congo. La CONADER, la Commission nationale de désarmement, démobilisation et réinsertion, estime que dans l'ensemble du pays, pendant la guerre, il y avait 33 000 enfants associés aux forces armées. Depuis l'accord de paix signé en 2003, presque 20 000 filles et garçons ont été libérés et réintégrés, dont environ 4 000 au Nord-Kivu, mais pour beaucoup il n’est pas facile de reprendre une existence normale. Un rapport de l’Unicef paru en juillet 2006 révèle que la RDC est un des pays les plus pauvres du monde où le manque d'écoles est chronique. La pauvreté affecte aussi la nutrition et la santé en général: 31% des enfants en dessous de cinq ans souffrent de malnutrition. Les violences sexuelles sont utilisées comme arme de guerre et des communautés entières ont étés déchirées à travers les violences, la torture et le viol. L’hôpital Heal Africa Hospital de Goma a rapporté dans les trois dernières années le chiffre de 4 500 victimes de viol, parmi lesquelles des enfants.

La mission de l’ONU et les volontaires VNU qui forment son personnel ont reçu l’information du Comité provincial contre la violence sexuelle que, pendant les six premiers mois de 2006, il y a eu plus de 1 800 enfants violés au Nord-Kivu.

Très populaire dans la RDC est la croyance de l'existence des enfants sorciers ; les parents vont jusqu’à accuser leurs enfants d'apporter la mauvaise chance et de déclencher les maladies ou la mort de membres de la famille. Ces présumés sorciers, ont entre huit et dix ans. Ils sont souvent maltraités, abusés et même abandonnés dans la rue. Toutes ces expériences horribles ont été décrites dans les textes des chansons, le théâtre et les dessins réalisés à l’occasion de la Journée internationale de la Jeunesse commémorée avec l’appui de volontaires VNU de la mission de l’ONU afin de soulever les consciences contre la violence sexuelle, l’exploitation d’une main-d’œuvre jeune et le recrutement forcé des enfants par les groupes militaires. Les conséquences sociales de ces réalités déplorables sont l’augmentation du nombre d’enfants de la rue (environ mille enfants concernés à Goma), de jeunes au chômage, d’enfants soldats traumatisés, d’enfants livrés à la prostitution.

Une exposition, un spectacle artistique et une distribution de prix aux jeunes lauréats de la compétition ont marqué la clôture de l’événement. Des radios, parapluies, montres et matériel artistique ont été offerts aux jeunes participants qui ont montre fièrement leurs diplômes. Malgré la compétition, l'esprit de collaboration régnait parmi les filles et garçons qui participaient activement à l'organisation du spectacle, une occasion unique pour eux comparée à leurs souffrances quotidiennes.

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)