Le volontariat au service de l'égalité des sexes : nouvelles perspectives pour le programme de développement pour l’après-2015

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Le volontariat peut élargir les espaces de discussion et d’action au sein du processus de développement, notamment pour les jeunes femmes et les jeunes filles. La table ronde organisée par le programme des Volontaires des Nations Unies (VNU), en marge de la 59e session de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies (CSW59), s'inscrit dans cette perspective. Cette table ronde a en effet réuni plusieurs experts qui ont examiné le rôle que le volontariat peut jouer dans deux domaines : renforcer la responsabilisation des objectifs de développement durable et faire progresser l’égalité des sexes.

Les volontaires femmes sont des modèles à suivre, qui peuvent contribuer à faire tomber les stéréotypes masculins/féminins. Maïmounata Ouedraogo, Volontaire des Nations Unies nationale, sillonne le Burkina Faso à motocyclette afin de promouvoir le volontariat. (K. Gosse / Programme VNU)

Le volontariat peut élargir les espaces de discussion et d’action au sein du processus de développement, notamment pour les jeunes femmes et les jeunes filles. La table ronde organisée par le programme des Volontaires des Nations Unies (VNU), en marge de la 59e session de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies (CSW59), s'inscrit dans cette perspective. Cette table ronde a en effet réuni plusieurs experts qui ont examiné le rôle que peut jouer le volontariat dans deux domaines : renforcer la responsabilisation des objectifs de développement durable et faire progresser l’égalité des sexes. Issus des agences de l’ONU, des États membres et des organisations qui travaillent avec des volontaires, ces experts se sont plus particulièrement penchés sur la manière dont le volontariat peut contribuer, d’une part, à suivre les progrès réalisés touchant la vie des femmes et, d’autre part, à renforcer le pouvoir d’action des femmes en leur offrant plus de possibilités d’engagement civique.

Non seulement le volontariat permet de soutenir la collecte de données à grande échelle, mais il offre aussi aux femmes la possibilité de s’engager activement dans les processus participatifs au niveau local, quel que soit le milieu socio-économique dont elles proviennent. Cette façon de participer à la planification, à la prise de décision et aux activités de suivi sur le plan local influence la façon dont les femmes se positionnent elles-mêmes dans la sphère publique, puisqu'elle leur permet de mieux faire entendre leurs voix et d'élargir les espaces au sein desquels elles peuvent agir. Grâce aux progrès récents en matière de technologie, de nouvelles formes d’action citoyenne sont aussi possibles. Par exemple, l'association du volontariat en ligne et sur place offre des perspectives sans précédent pour la valorisation, le regroupement et la représentation des données, ainsi que pour le partage des informations sur l’action volontaire.

Points saillants de la table ronde

Rosemary Kalapurakal, Coordonnatrice exécutive adjointe du programme des Volontaires des Nations Unies (VNU), a lancé le débat en présentant l’une des principales leçons tirées des objectifs du Millénaire pour le développement : pour que le développement produise des effets réels dans la vie des personnes, ces dernières doivent y participer pleinement et se l’approprier. Mme Kalapurakal a également cité le dernier rapport de synthèse du Secrétaire général, qui reconnaît que le volontariat « peut contribuer à faire connaître les objectifs de développement durable au niveau local en organisant des débats entre les pouvoirs publics et la population afin d’arrêter des mesures concrètes, réalisables à différentes échelles ». Mme Kalapurakal a insisté sur l’importance d’établir un objectif dédié à l’égalité des sexes pour les objectifs de développement durable, avec des cibles spécifiques en matière d’égalité des sexes pour chaque objectif. Mme Kalapurakal a rappelé qu’il ne sera possible de faire connaître les objectifs de développement durable au niveau local que si tous – hommes et femmes, riches et pauvres – participent plus systématiquement à la planification, au suivi et à la mise en œuvre de ces objectifs.

Reinhard J. Krapp, Directeur du Département des affaires économiques de la Mission permanente de l’Allemagne auprès de l’Organisation des Nations Unies, a présenté l’approche de l’Allemagne en matière de responsabilisation et de suivi des progrès, ainsi que la pertinence de ces notions sur le plan local. M. Krapp a également rappelé que la participation de toutes les parties prenantes et la formation de partenariats étaient nécessaires pour accroître l’appropriation. Citant l’exemple des pompiers volontaires locaux ou des millions de personnes engagées aux côtés des Scouts, des Guides, de la Croix-Rouge ou du Croissant-Rouge, M. Krapp a mis en évidence la valeur ajoutée que représente le volontariat en tant que facteur de développement du sentiment d’appartenance à la communauté et de renforcement de la cohésion sociale. M. Krapp a souligné l’importance de cette notion dans le cadre d’un programme universel, particulièrement dans des domaines tels que la consommation durable et le « programme vert », avant de rappeler que le programme avait besoin de la bonne volonté et de l’énergie des personnes dans le monde entier afin de s’inscrire en complément de l’action des gouvernements.

Mitchell Toomey, directeur de la Campagne Objectifs du Millénaire de l’ONU, a évoqué la riche expérience accumulée grâce à la plateforme WorldWeWant et à l’enquête MY World. Ces deux initiatives ont développé la participation par le volontariat afin de garantir que tous les points de vue sont représentés, en ligne et hors ligne. Elles ont aussi permis de rassembler les voix de plus de 7 millions de personnes. Cette opération a permis de générer une dynamique dont il faut tirer parti, au moment où les objectifs de développement durable sont sur le point de se réaliser et où toutes et tous se préparent à suivre leur mise en œuvre et à y contribuer.

Milorad Kovacevic, responsable de l’équipe des statistiques du Rapport sur le développement humain pour le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a présenté une perspective axée sur le développement humain et visant à mesurer les progrès accomplis au-delà des facteurs économiques. Le Rapport sur le développement humain 2015 s’intéressera à une notion du travail élargie, incluant le travail créatif, les prestations de soins non rémunérées et le travail bénévole. Après avoir fait remarquer que le volontariat et l’entraide sont des notions universelles de solidarité humaine, M. Kovacevic a ajouté que l’incapacité à reconnaître la valeur ajoutée de ces notions a conduit à sous-estimer leur rôle en tant que facteur clé du développement humain.

Avec un exemple personnel touchant, Alphonsine Kabagabo, Directrice régionale pour la région Afrique de l’Association mondiale des guides et des éclaireuses (AMGE), a raconté comment le volontariat lui avait littéralement sauvé la vie. Membre de l’Association mondiale des guides et des éclaireuses depuis son plus jeune âge, elle avait ancré au plus profond de ses propres valeurs une philosophie : celle de donner. Après s’être réfugiée en Belgique pendant le génocide rwandais, Mme Kabagabo a trouvé la force et la motivation personnelle pour continuer d’agir et servir la communauté par l’intermédiaire de l’Association belge des guides et des éclaireuses. Cette expérience lui a permis de cesser d’être une victime passive pour devenir une agente active du changement.

Après une courte séance de questions et de réponses, Mme Kalapurakal a clos l’événement en rappelant au public que le volontariat doit être systématiquement intégré aux plans et aux politiques de développement pour que ses effets se propagent dans tous les domaines des objectifs de développement durable. Le degré d’engagement des organisations de volontaires pour le développement de la planification et de la mise en œuvre doit être systématiquement évalué afin de garantir que les personnes peuvent participer activement et de manière constructive.

Le succès des objectifs de développement durable repose pour une large part sur le niveau d’appropriation du développement et sur la possibilité pour les personnes de tenir les décideurs responsables de leurs décisions. Lorsqu’il est encouragé, le volontariat peut contribuer à renforcer le pouvoir d’action des femmes et à faire progresser l’égalité des sexes dans tous les pays, privilégiant un cadre plus responsable pour les objectifs de développement durable.  

Informations complémentaires

Cet article a été traduit de l’anglais par le Volontaire en ligne ONU Nicolas Weinberg