Les femmes, moteurs du changement après une catastrophe naturelle

Actualités
06 mars 2017
Pedernales, Equateur

Après le séisme d’une magnitude de 7,8 qui a frappé l’Équateur en avril 2016, affectant la vie d’environ 720 000 personnes et obligeant presque 30 000 personnes à chercher refuge dans des camps temporaires, le programme VNU a mobilisé 24 Volontaires de l’ONU pour appuyer l’intervention d’urgence dans le pays. Parmi eux, 11 ont été déployés dans le cadre de l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU Femmes) et quatre sous l’égide de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), afin d’éviter la violence fondée sur le genre et de garantir la participation des femmes à la riposte humanitaire à la catastrophe.

Michelle Daniela Pazmiño Vásquez (deuxième à droite) Volontaire nationale de l’ONU, spécialiste de la protection de l’OIM a promu la participation des femmes et des adolescentes aux processus de prise de décision . (Juan Diego Pérez Arias/programme VNU, 2016)

Suite au tremblement de terre, la situation des femmes et des filles était particulièrement préoccupante, car elles sont davantage susceptibles de devenir victimes de violences et de discriminations dans un contexte d’urgence humanitaire. Les déplacements, les camps surpeuplés, l’absence d’intimité et d’éclairage, des installations sanitaires en nombre limité et non séparées de celles des hommes augmentent ce risque. Avant le tremblement de terre, Jasmine Blessing (Allemagne) travaillait comme Volontaire de l’ONU, spécialiste des politiques publiques au Bureau de pays d’ONU Femmes de Quito. Ses responsabilités ont changé après le séisme.


Elle s’est mise à travailler sur un projet pilote visant à développer la participation des femmes à la gestion des camps. « Les camps sont des endroits largement dominés par les hommes, les femmes y sont souvent exclues des décisions sur les stratégies d’intervention concernant leur propre capacité à se relever de la crise, ainsi que celle de leur communauté, souligne Jasmine,


j’ai mené des entretiens avec les habitantes des abris et j’ai été choquée d’apprendre à quel point les rôles de genres sont encore prédominants dans les camps. »


L’étape suivante a consisté à concevoir de petits projets ayant pour but de faire évoluer les rôles de genre traditionnels, et à améliorer la participation des femmes, ce qui a conduit celles-ci à s’engager dans des activités non traditionnelles par exemple des initiatives de travail rémunéré et le déblayage des décombres.


Michelle Pazmiño, Volontaire nationale de l’ONU, spécialiste de la protection de l’OIM a promu la participation des femmes et des adolescentes aux processus de prise de décision et organisé des activités de mentorat et d’entrepreneuriat qui ont permis aux femmes et à leurs familles d’améliorer leurs conditions de vie.

 

« J’ai contribué à organiser les ateliers sur les activités génératrices de revenu pour les femmes, qui les ont mises à même de retrouver un peu de normalité après le séisme, affirme Michelle. Ces ateliers, ainsi que des activités ludiques favorisant l’interaction et la participation, ont accordé une autonomie aux femmes et aux filles impliquées et leur ont permis d’avoir leur mot à dire dans les décisions concernant la vie des camps. »


María Eugenia Parra, Volontaire nationale de l’ONU, spécialiste de la formation et de l’émancipation économique de ONU Femmes, a mis en place des cours de construction destinés aux femmes.  Maria Eugenia a aussi contribué à coordonner un atelier de renforcement des capacités sur le genre qui a réuni environ 80 hommes travaillant dans la construction, en préparation de l’arrivée d’ouvrières de construction devant travailler sur le chantier.


Jasmine Blessing est satisfaite que sa mission de Volontaire de l'ONU lui ait permis de travailler directement avec les populations touchées par le séisme. « Mon expérience en Équateur m’a appris que les catastrophes naturelles peuvent changer les dynamiques domestiques et donner aux femmes l’occasion de devenir des moteurs du changement, conclut-elle, les stéréotypes de genre peuvent se transformer avec le temps, et c’est ce qui s’est produit. Dans les situations d’urgence, ils évoluent rapidement. C’est un défi et une chance de bâtir une société plus égalitaire. »


Outre les 15 Volontaires de l'ONU qui ont travaillé avec ONU Femmes et l’OIM en réponse au séisme, sept volontaires ont été déployés par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et un par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).



Article traduit de l'anglais par la Volontaire en ligne l'ONU Karine Laguerre.