Renforcer les capacités pour lutter contre la pauvreté

Actualités
29 octobre 2014
Kisangani, République démocratique du Congo

Sur la rive droite du Fleuve Congo à Kisangani, treize femmes sarclent et labourent une parcelle de terre dans le cadre d’une Initiative Volontaire pour la Paix et le Développement. L’idée de ce jardin maraîcher communautaire avec les épouses des militaires des Forces Armées de la RDC est de diversifier leurs sources de revenus et d’améliorer la sécurité alimentaire de leurs familles.

Le Volontaire des Nations Unies Bhanu Bhaktar (à gauche) en train de sarcler la terre avec les épouses des militaires des Forces Armées de la RDC. (Programme VNU, 2014)

Sur la rive droite du Fleuve Congo à Kisangani, treize femmes sarclent et labourent une parcelle de terre. L’on peut voir, depuis la route, de petites cultures en couloir les unes à côté des autres où ont été plantés légumes en tous genre : aubergines, haricots verts, tomates, choux, amarante, patates douces et bien d’autres.

Quelques mois plus tôt, Bhanu Bhaktar, Volontaire ONU Logisticien à la Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), présente un projet dans le cadre des Initiatives Volontaires pour la Paix et le Développement du programme des Volontaires des Nations Unies (VNU) en République Démocratique du Congo (RDC). Son projet, initier un jardin maraîcher communautaire avec les épouses des militaires des Forces Armées de la RDC (FARDC) en vue de diversifier leurs sources de revenus et d’améliorer la sécurité alimentaire de leurs familles. Consultées en amont sur les opportunités du projet, elles sont treize à se porter volontaires.

Bhanu explique les raisons qui ont motivé les Volontaires de l’ONU à se lancer dans cette initiative : « Nous avons été frappés par le paradoxe suivant : Le fait qu’une grande portion de terres cultivables ne soit pas cultivée, et cela malgré un climat propice à l’agriculture tout au long de l’année ;  il y a un manque de variété de légumes ; ainsi qu’une pauvreté et une malnutrition omniprésentes à Kisangani. Nous avons constaté aussi la faible productivité des pratiques agricoles utilisées, la difficulté d’accès aux semences et l’ignorance des techniques de production maraîchère. Or nous pensons que la culture maraîchère peut être une piste de sortie de la pauvreté pour les ménages vulnérables en proie à l’insécurité alimentaire. »

Mieux vaut apprendre à quelqu’un à pêcher que de lui donner un poisson, dit l’adage. Développer et renforcer les capacités des femmes à cultiver un petit jardin potager est le cheval de bataille du groupe de volontaires. « Nous avons fait le premier investissement en achetant les instruments aratoires, et nous leur apprenons les techniques agricoles que nous pratiquons chez nous – au Bhoutan, en Inde et au Népal – par exemple : comment planter, comment arroser en fonction des espèces cultivées, comment faire germer les semences, etc. », explique Bhanu. « Nous avons aussi voulu garantir la viabilité de cette initiative en l’inscrivant dans une logique d’autonomisation et d’auto-prise en charge, notamment en transmettant notre savoir, en assistant les bénéficiaires dans l’ouverture d’un compte en banque et en les incitant à épargner 50 % du bénéfice des ventes. »

Après deux mois de travail quotidien, le terrain en friche cédé par le Gouvernement Congolais commence à prendre forme : diverses cultures ci et là, une petite serre en construction permettra bientôt de faire germer des semences à planter, et l’ambiance est à la collaboration ! Maman Espérance, la représentante du groupe de femmes, s’est dite ravie de cette initiative qui « nous a initié au travail en équipe : nous nous rendons compte que nous sommes plus fortes ensemble qu’isolées et que nous pouvons maximiser nos revenus grâce au travail en équipe. Cela nous a donné l’idée de créer notre association. »

Afin de bien outiller les bénéficiaires, le projet comprend également un volet visant à accompagner les femmes dans la commercialisation de leurs produits: « La dernière étape du projet consistera à la mise en place d’un comptoir à la sortie du champ sur la route principale en face de la MONUSCO », poursuit Bhanu. La première récolte prévue pour le mois d’octobre 2014 proposera plus d’une quinzaine de légumes différents, de quoi diversifier l’assiette des résidents de Kisangani !