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23 avril 2014
Fushë Kosovë/Kosovo Polje, Kosovo*

A l’intérieur de la salle de classe, dix jeunes adolescentes sont assises sur quatre rangs de vieilles tables en bois. Stylos en main et yeux rivés sur le tableau, les jeunes filles ne prêtent pas attention aux rires et aux conversations que l’on entend de la rue. Leur professeur est Mirsade Salihu, 36 ans, mère de trois enfants et membre actif de la communauté locale. Elle est l’une des volontaires qui participent à un projet soutenu par le programme des Volontaires des Nations Unies et mis en œuvre par The Ideas Partnership pour renforcer l’autonomie des communautés Rom/Ashkali/Egyptiennes du Kosovo.

Mirsade Salihu (à droite) donne un cours d’alphabétisation et de calcul à des jeunes filles au centre The Ideas Partnership de Fushë Kosovë/Kosovo Polje. Salihu explique que sa passion pour l’enseignement et l’apprentissage ne l’a jamais quittée, mais qu’elle a été forcée d’abandonner ses études dans les années 1990 en raison des conflits dans la région. « Je me suis réveillée quand j’ai repris mes études », dit-elle. Et son enthousiasme à reprendre le chemin de l’école transparait dans sa manière d’enseigner, ce pour quoi elle semble avoir un don naturel. (Sarah Murphy, 2014)

C’est l’une des rares journées ensoleillées dans ce quartier Rom/Ashkali/Egyptien (RAE) de Fushë Kosovë/Kosovo Polje ; un répit bien apprécié après un long hiver froid et nuageux.

C’est donc aussi la journée idéale pour faire l’école buissonnière. Ou bien, si vous n’êtes pas inscrit à l’école – comme c’est le cas de presque 15% des enfants en âge d’aller à l’école dans ce quartier défavorisé – c’est la journée idéale pour sécher les deux heures de cours d’alphabétisation et de calcul du centre The Ideas Partnership (TIP).

Mais à l’intérieur de la salle de classe baignée de soleil, dix jeunes adolescentes sont assises sur quatre rangs de vieilles tables en bois. Stylos en main et yeux rivés sur le tableau, les jeunes filles ne prêtent pas attention aux rires et aux conversations que l’on entend de la rue.

Leur professeur est Mirsade Salihu, 36 ans, mère de trois enfants et membre actif de la communauté RAE. Elle est l’une des quatre femmes parmi les 20 membres du groupe « Acteurs locaux du changement » (Community Changemakers), un des éléments des trois composantes d’un projet soutenu par le programme des Volontaires des Nations Unies. Ce programme est mis en œuvre par TIP dans les municipalités kosovares de Fushë Kosovë/Kosovo Polje et d’Obiliq/Obilić.

La composante « acteurs locaux du changement » du projet vise un groupe d’individus sélectionnés avec soin parmi les communautés marginalisées pour bénéficier d’une formation en mobilisation communautaire, formulation de projets et entreprenariat, et acquérir les capacités générales nécessaire à leur autonomisation ainsi qu’à celle de leur communauté.

Mirsade Salihu semble être naturellement à l’aise devant son auditoire captivé. En reprenant avec patience les bases de l’addition, Mirsade Salihu appelle tour à tour ses élèves à la rejoindre devant le tableau, interagissant avec elles tout en s’appliquant à maintenir leur attention, comme si elle avait enseigné toute sa vie.

En réalité, cela fait à peine deux mois que Mirsade Salihu enseigne, et elle est de surcroît elle-même en train de terminer ses études de lycée.

Ces dernières ont été interrompues dans les années 1990 par les conflits et les difficultés d’accès aux études, l’empêchant de terminer son cursus en droit. Mais l’année dernière, elle s’est relancée dans ses études grâce au programme de bourses de TIP, et en janvier elle a commencé à donner ses cours d’alphabétisation et de calcul – qu’elle prépare elle-même et pour lesquels elle s’est personnellement chargée de recruter les élèves – et a rejoint le groupe des acteurs locaux du changement soutenu par le programme VNU.

« Ces cours correspondent parfaitement aux besoins des gens d’ici, car ces filles font preuve de beaucoup d'intérêt et ont envie d’apprendre », indique Samir Statovci, chargé du projet TIP soutenu par le programme VNU. « Mirsade a été choisie pour rejoindre le groupe des acteurs locaux du changement en raison de sa passion manifeste et de sa capacité à mobiliser dans sa communauté », continue-t-il. « Elle est déterminée à aider les individus de sa communauté à acquérir les compétences de bases nécessaires pour se donner les moyens de réussir dans le monde, au-delà de leur quartier marginalisé. »

« Ces jeunes femmes seront un jour des mères, et elles pourront aider leurs enfant à faire leurs devoirs », indique Statovci, « et ceci contribuera à notre objectif de faire baisser le taux d’alphabétisation dans la communauté ».


Ceci est un exemple de réussite d’une composante du programme des Volontaires des Nations Unies (VNU) et du programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) dans le cadre d’un projet conjoint des Nations Unies au Kosovo financé par le Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies pour la sécurité humaine et mis en œuvre par The Ideas Partnership.

*Toutes les références au Kosovo dans ce texte sont utilisée dans le contexte de la résolution 1244 (1999) du Conseil de sécurité des Nations Unies