Assurer l’exercice effectif des droits de l’homme

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La protection et la promotion des droits humains constituent une priorité de la diplomatie française. Celle-ci est engagée à travers le monde pour l’abolition de la peine de mort, la lutte contre l’impunité, les détentions arbitraires et les disparitions forcées ou encore le respect des droits des femmes. Agissant dans un cadre multilatéral, elle s’efforce de porter ce message en collaboration avec les agences des Nations Unies spécialisées, notamment le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH).

La protection et la promotion des droits humains constituent une priorité de la diplomatie française. Celle-ci est engagée à travers le monde pour l’abolition de la peine de mort, la lutte contre l’impunité, les détentions arbitraires et les disparitions forcées ou encore le respect des droits des femmes. Agissant dans un cadre multilatéral, elle s’efforce de porter ce message en collaboration avec les agences des Nations Unies spécialisées, notamment le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH).

Depuis 2012, le Ministère des Affaires étrangères français finance des postes auprès du programme des Jeunes Volontaires des Nations Unies.  J’ai eu la chance de faire partie des six jeunes sélectionnés pour l’année 2013. Ma mission s’effectue pour une période d’un an au sein du bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest du HCDH à Dakar.

Dans le cadre de ma mission, j’ai accompagné une équipe conjointe du HCDH et de l’Association des Femmes Juristes Sénégalaises (AJS) lors d’une visite de la maison d’arrêt et de correction des femmes de Rufisque, une localité au sud-est de Dakar. Cette visite, organisée à l’occasion de la Journée internationale de la femme le 9 mars 2013, avait pour objectif l’organisation de consultations juridiques gratuites par l’AJS auprès des quarante-deux prisonnières de l’établissement.

Chacune des détenues s’est isolée avec un(e) juriste de l’AJS et un membre du HCDH pour parler de son parcours qui l’a conduite en prison. Ces consultations permettent d’identifier les besoins des prisonnières et de porter une assistance juridique à des femmes souvent démunies qui ne peuvent avoir recours à un avocat.

L’expérience de la femme avec laquelle je me suis entretenue est symptomatique du nouveau fléau qui touche les pays d’Afrique de l’Ouest : le trafic international de cocaïne. Âgée de 25 ans, cette jeune sud-africaine, étudiante en communication, a été arrêtée à l’aéroport international de Dakar où elle transitait après un voyage au Brésil avec quatre-vingt boulettes de cocaïne (environ 1 kg) dans son estomac. Elle me raconte qu’elle a accepté de convoyer la drogue en échange d’une importante somme d’argent que lui avait proposée un trafiquant de drogue nigérian non loin de son quartier défavorisé de Johannesburg. Inculpée pour dix ans ferme, elle n’exclut pas de bénéficier d’une remise de peine.

Les membres de l’AJS qui ont rempli un dossier peuvent soumettre son cas au juge après cinq ans de détention si elle s’amende et fait preuve de bonne conduite. Après quatre ans passés derrière les barreaux, elle veut pouvoir reprendre ses études en communication et apprendre le Wolof, ce qui lui permettrait de mieux communiquer avec les autres prisonnières.

S’engager en tant que volontaire  est un moyen efficace d’apporter de son temps et de ses compétences au profit d’une organisation et ainsi apporté une contribution à la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement. D’un point de vue personnel, le volontariat est également une excellente voie d’apprentissage vers la compréhension d’autres sociétés et problématiques de développement pour le volontaire.

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Bio : Marc Mémier est Volontaire de l’ONU spécialiste des droits de l’homme au bureau régional du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH) à Dakar (Sénégal). Son affectation est entièrement financée par le Gouvernement français. Diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques (IEP) de Grenoble et titulaire d’un Master II de la faculté de droit de Grenoble II, il a également étudié les politiques africaines à l’Université de Californie de Los Angeles (UCLA). Il a été Consultant Junior pour le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) dans le cadre des élections législatives du Congo Brazzaville en 2012. Depuis cette date, il est chercheur associé au Groupe de Recherche et d’Information sur la Paix et la Sécurité (GRIP) de Bruxelles. Ses travaux portent sur les questions liées aux conflits régionaux, au terrorisme, à la criminalité et aux trafics transfrontaliers en Afrique de l'Ouest et dans le Sahel.