“Parfois nous n’avions que du pain sec et de l’eau”: le volontariat apporte de la vie et de l’espoir dans le camp d’Azraq

13 novembre 2017
Journée internationale des Volontaires 2017
Vers la mi-2015, environ 20 000 réfugiés syriens résidaient dans le camp d’Azraq en Jordanie. Un programme de volontariat basé sur des primes permettait aux résidents de gagner de l’argent, et 1 800 d’entre eux avaient déjà participé au seul mécanisme générateur de revenu disponible dans le camp. A ce moment-là, le programme comprenait à la fois des volontaires qualifiés et non qualifiés qui gagnaient respectivement 12,75 et 8,50 $ américains par jour. On donnait la priorité aux personnes identifiées comme vulnérables ou avec des compétences.
Syrian refugees in the Azraq camp in Jordan.
Réfugiés syriens dans le camp d’Azraq en Jordanie (2015).
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En 2014, Thunayya a fui la ville d’Al Qunaytra et la guerre qui l’entourait. Elle vit dans le camp depuis, et a décidé de se porter volontaire comme agent d’entretien, pour une paie de 8,50 $ par jour. Âgée de 48 ans, c’était la première fois que Thunayya travaillait, comme elle devait subvenir à ses besoins et à ceux de son père âgé de 85 ans, sa seule personne à charge.


“Lorsque nous sommes arrivés, l’équipe de CARE nous a rendu visite et expliqué que je pouvais me porter volontaire pour une prime si je m’inscrivais pour demander une opportunité,” explique Thunayya. “Je l’ai fait quelque temps après, mais j’ai dû attendre huit mois avant de pouvoir travailler à la garderie de CARE.” La plupart des postes de volontaires étaient sur trois mois, mais les personnes pouvaient renouveler leur demande.


“J’ai renouvelé ma demande et je travaille comme agent d’entretien volontaire dans le centre communautaire de CARE, mais je préférais travailler à la garderie,” explique Thunayya. “Je gagnais environ 12,75 $ par jour là-bas. Je passais mon temps à jouer avec les enfants et à leur apprendre des choses plaisantes.”


Lorsque nous lui demandons comment elle priorise ses achats avec les primes qu’elle gagne, Thunayya met tout de suite les besoins de son vieux père en premier. “Il aime les fruits et les légumes, et nous ne pouvons pas nous les permettre avec les e-cartes que nous recevons. Parfois on lui prescrit des médicaments que je peux seulement acheter avec de l’argent. Une fois, il était vraiment malade alors j’ai dû l’emmener hors du camp pour voir un médecin dans la ville de Mafraq  – j’ai dû payer pour tout cela.”


Thunayya utilisait les e-cartes du Programme alimentaire mondial pour ses courses de base, telles que l’huile, le riz, et les conserves, mais parfois les besoins de la famille étaient plus grands, les rendant dépendant de l’argent qu’elle gagnait comme volontaire.


Thunnaya a été mariée de force à 14 ans et s’est séparé de son mari après huit mois. Elle est seule depuis.  En plus de son père, elle a une sœur veuve avec cinq enfants de moins de 14 ans.  Thunayya explique à propos de sa sœur : “Elle n’a aucune source de revenu”. “Elle est la seule autre famille que j’ai à Azraq. Mes trois frères vivent maintenant au Liban”.


Plus tôt en 2015, une aire désignée de marché a été construite dans le camp d’Azraq pour les réfugiés, dans le but de fournir de meilleures options pour acheter des produits et services, tout en permettant aux résidents du camp de travailler et de gagner de l’argent.


Thunayya fait partie des nombreux réfugiés syriens guettant avec impatience l’ouverture du marché. “La situation des gens ici serait meilleure si le marché ouvre,” a expliqué Thunayya. “Les courses dans le supermarché reviennent chères et tout n’est pas disponible. J’ai acheté des choses en dehors du camp, où ils étaient vendus beaucoup moins chers. J’espère aussi voir plus de cours pour les femmes, comme le tricot.


Elle dit que son rêve personnel est quelque chose qu’elle partage avec beaucoup d’autres personnes : “Je veux juste du bonheur et du confort. Est-ce que ce n’est pas le souhait ultime de tout être humain ?”


Au moment de la publication de l’article, en juillet 2015, plus de 4 000 réfugiés du camp d’Azraq avaient déjà postulé pour le programme de volontariat basé sur des primes.


Mahmoud Shabeeb – Spécialiste régional des Communications, Crise en Syrie (publié le 30 juillet 2015).


Cette article est publié dans le cadre de la campagne pour la Journée internationale des Volontaires 2017: Les volontaires : premiers à agir. Ici. Partout.



Cet article a été traduit de l’anglais par la Volontaire en ligne ONU Anojaa Karunananthan.