Comprendre tout le spectre de la résilience humaine

01 juin 2017
Heidi Lehto
Heidi Lehto est une Volontaire de l’ONU en qualité de chargée de la Protection de l’Enfance à l'UNICEF au Soudan, dont la mission est entièrement financée par le Gouvernement finlandais. Avant de devenir volontaire de l'ONU, elle a travaillé avec la Finn Church Aid et la Lutheran World Federation au Libéria, en Éthiopie et en Ouganda. Elle est l'un des 12 Volontaires des Nations Unies entièrement financés par le gouvernement de la Finlande qui exercent actuellement dans neuf pays d'Afrique, d'Asie et d'Europe et de la CEI (Communauté des Etats Indépendants).
Heidi Lehto with South Sudanese refugees in Gambella, Ethiopia.
Heidi Lehto avec des réfugiés sud-soudanais à Gambella, en Éthiopie. (Christof Krackhardt / ACT / Diakonie Katastrophenhilfe, 2014)

En 2015, j'ai eu l'opportunité de devenir Volontaire de l’ONU en tant que chargée de la Protection de l’Enfance auprès de l'UNICEF au Soudan. Dans un pays gravement touché par les conflits armés, les déplacements et l'insécurité alimentaire, les besoins humanitaires restent critiques. En plus d'environ 2,2 millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays, le Soudan a reçu plus d'un quart de réfugiés qui fuient la guerre au Soudan du Sud. Environ 70 pour cent de ces personnes déplacées sont des enfants.

Le contexte dans lequel nous travaillons en tant qu'humanitaires est complexe: l'augmentation de la souffrance humaine, la diminution des ressources et la situation de sécurité instable nécessitent de nouvelles approches et des efforts accrus pour soutenir l'autosuffisance des communautés défavorisées. C'est pourquoi toutes nos interventions sont solidement basées sur une approche communautaire. En tant qu'acteurs de première ligne de la protection de l'enfance, les communautés concernées sont à la pointe du changement qu'elles envisagent elles-mêmes comme une priorité.

Un de mes réveils les plus significatifs à l'importance du rétablissement des communautés les plus vulnérables a été lors d'une mission d'évaluation à Sortoni. C'est une aire qui a amassé plus de 20 000 personnes déplacées, en quinze jours, fuyant la guerre au Darfour l'année dernière. L'endroit était totalement équipé pour fournir un abri, de la nourriture ou de l'eau aux personnes fragiles, principalement des femmes et des enfants. Alors qu'ils se précipitaient contre la clôture du camp de la Force de maintien de la paix, en quête de sécurité, la communauté humanitaire essayait de trouver des moyens de gagner rapidement le soutien nécessaire.

Les plus gros efforts ont été fournis par les déplacés eux-mêmes: les mères qui s'occupaient d'enfants séparés de leurs proches, les leaders de la communauté qui se sont portés volontaires pour rechercher des personnes disparues et réunir des familles, le collectif s'est efforcé de rétablir des structures dans une situation d'urgence qui a détruit le tissu social.

Un proverbe africain dit qu'il faut un village pour élever un enfant - en cas d'urgence, il faut un village pour protéger un enfant aussi

Mes expériences précédentes de travail avec la Finn Church Aid et la Lutheran World Federation au Libéria, en Éthiopie et en Ouganda m'ont conduit à cette tâche actuelle des Volontaires de l'ONU en tant qu'administrateur de protection de l'enfance à Khartoum. Le grand travail de ces ONG internationales a cristallisé les valeurs fondamentales de l'action humanitaire: la dignité, la compassion, la responsabilité et la participation.

En 2014, l'Éthiopie recevait un afflux sans précédent de réfugiés sud-soudanais, qui fuyaient les horreurs de la guerre civile, et je me suis retrouvée sur la base des opérations d'urgence humanitaire sur le terrain. En tant que Volontaire de l'ONU, cette intense courbe d'apprentissage se poursuit, alors que le Soudan lutte pour assumer la charge de masses croissantes de personnes touchées par le conflit.

Travailler en tant que Volontaire de l'ONU m'a donné l'occasion de comprendre et d'assister à toute la gamme de résilience humaine. En conséquence, j'ai un respect et une admiration inflexibles et illimités, en particulier pour les femmes réfugiées, qui gèrent une situation de déplacement, de perte et de privation grave, mais avec dignité, que je ne peux qu’espérer posséder un jour. Leur force semble incomparable, et c'est une image que je porte avec moi au cours des jours les plus sombres.

 Cet article a été traduit de l'anglais par le Volontaire en ligne de l'ONU Christian-Cédric Mbou