Développer les compétences professionnelles de la jeunesse au Lesotho grâce à des centres pour les jeunes gérés par des volontaires

10 mai 2017
Building the employment skills of young people in Lesotho
Au Lesotho, comme dans beaucoup d’autres régions du monde, la jeunesse doit faire face à de nombreux problèmes. Un taux de chômage élevé (35%), la difficulté d’accès à une éducation de qualité, l’inégalité entre les sexes et des risques importants liés à la pandémie de VIH/SIDA touchent fortement les jeunes au Lesotho, ne leur laissant que peu d’opportunités.
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Le programme VNU inaugure un laboratoire informatique au centre de ressources pour les jeunes de Butha-Buthe, au Lesotho (programme VNU Lesotho, 2016).

Afin d’améliorer la condition de la jeunesse dans ce pays, un partenariat d’envergure a vu le jour entre le programme des Volontaires des Nations Unies (VNU), le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), le Ministère fédéral allemand de la coopération économique et du développement (BMZ), le Conseil national des jeunes du Lesotho, le Bureau de la direction de la jeunesse auprès du Ministère pour la Jeunesse, et des organisations de volontaires en lien avec la jeunesse au Lesotho. Son but est de développer les compétences professionnelles des jeunes, de leur offrir un meilleur accès aux informations relatives à la santé et aux questions de genre, ainsi que de leur offrir des espaces pour construire un réseau et apprendre.


Cette initiative, innovante et unique, est gérée par des volontaires dans sa quasi-totalité. Des volontaires internationaux et locaux sont chargés de concevoir et de mettre en œuvre le projet, s’assurant ainsi qu’il est pertinent et capable de répondre aux besoins des jeunes au niveau local. Cela aide également à exploiter l’énergie et l’enthousiasme fournis par les volontaires.


Lors de l’année 2016, le projet a permis d’établir dix centres pour la jeunesse au Lesotho. Ces centres répondent aux besoins des jeunes de la communauté locale, et assurent une répartition équilibrée des jeunes des régions urbaines et rurales, de différents milieux pédagogiques et sociaux. Fondamentalement, les jeunes s’engageant directement dans ces centres sont ensuite envoyés dans la communauté afin de soutenir d’autres jeunes : cet effet de domino permet de toucher un maximum de personnes.


Les activités clefs comprennent la formation de plus de 400 volontaires de la jeunesse locale, de jeunes responsables dans les domaines de l’engagement communautaire, du sens civique, des objectifs de développement durable, leur offrant également des cours d’éducation sexuelle responsable. Grâce à un atelier dédié aux réseaux sociaux et à l’engagement civique, le projet a encouragé 50 jeunes leaders à créer leurs propres plateformes afin de communiquer avec d’autres jeunes.


La plateforme créée par les Volontaires de l'ONU au Lesotho a ouvert ses portes et a grandement facilité la tâche des volontaires dans le développement des jeunes, notamment des adolescents.


Ce projet a également contribué à renforcer les organisations de la jeunesse basotho, par la création d’une base de données des organisations nationales pertinentes, dont le but est d’améliorer la coordination et le réseautage. Le programme VNU a également organisé une retraite de trois jours avec 30 organisations de volontaires gérées par des jeunes, créant ainsi un dispositif de coordination pour ce type d’organisation, utilisé par la suite pour développer une plateforme d’acquisition de talents à l’échelle nationale et de soutien à l’entreprenariat.


« Cela a été possible grâce au centre de ressources, mais aussi, entre autres, grâce à la création de groupes dédiés à la santé de la jeunesse locale, leur permettant de consolider les normes sociales et d’inculquer le sens de la responsabilité civique et d’appartenance. » indique M. Mckenzie Thamae, jeune volontaire communautaire, UNFPA, Centre de ressources pour la jeunesse du quartier de Leribe.


Une des conséquences de ce projet a été la sensibilisation croissante de la jeunesse basotho à la valeur du volontariat, en tant que moyen de participer à la vie civique, d’acquérir des compétences professionnelles spécialisées ou non, et de participer au développement national. Cela a provoqué une augmentation significative des demandes d’opportunités de volontariat parmi les jeunes, avec plus de 1000 inscrits dans la base de données du programme VNU en 2016. Les agences des Nations Unies présentes dans le pays ont également profité de cette opportunité pour engager des jeunes volontaires pour des missions à court terme.


« Quand j’ai rejoint les Nations Unies en 2015, je ne pensais pas que je pouvais faire la différence auprès de la communauté de Quthing... Grâce à ce programme, j’ai développé des compétences en gestion des conflits, mais j’ai aussi appris à organiser un événement et à faire preuve de patience en travaillant avec des jeunes. » témoigne Ntheosi Patience Makara, Volontaire des Nations Unies nationale, PNUD/DDP, quartier de Quthing.  


La collaboration étroite du gouvernement, des organisations pour la jeunesse et des jeunes locaux en général a été cruciale dans la réussite de ce projet, puisqu’elle a permis de mettre en œuvre des mécanismes de gestion concrets, de consultation systématique des parties prenantes et de solutions de collaboration pour régler différents problèmes.


Aux yeux du programme VNU, ce projet fructueux peut être considéré comme un modèle facilement reproductible pour les pays cherchant à développer les compétences et l’expérience de la jeunesse tout en exploitant son potentiel pour le développement national.


> Cet article a été traduit de l'anglais par la Volontaire ONU en ligne Sophie Provost