Former les femmes pour lutter contre le paludisme: un combat continu auquel prennent part les Volontaires ONU

06 octobre 2015
Au Mali le paludisme constitue 44% des motifs de consultation médicale. La prévalence nationale du paludisme est de 52%. Ce sont malheureusement, les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans qui grossissent ce chiffre. Pour aider à lutter contre le paludisme, le programme des Volontaires des Nations Unies (VNU) a initié un projet qui a permis pendant deux jours, de renforcer les capacités de 25 femmes et 5 jeunes des organisations féminines et collectifs de jeunes en matière de prévention du paludisme, et de la sensibilisation sur les méfaits du paludisme pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans.

Bamako, Mali: Au Mali le paludisme constitue 44% des motifs de consultation médicale. La prévalence nationale du paludisme est de 52%. Il a été enregistré en 2012 dans les établissements de santé, 2.171.739 cas cliniques de paludisme (1.508.672 cas simples et 663.067 cas graves) dont 1.894 décès, soit un taux de létalité de 0,9‰ contre 1,08 ‰ en 2011 (dernier Annuaire statistique du Programme National de Lutte Contre le Paludisme au Mali, 2012). Ce sont malheureusement, les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans qui grossissent ce chiffre.

Malgré les efforts fournis par le Mali avec l’appui des partenaires pour réduire ce taux, il existe des gaps en ressources et en capacités pour permettre une couverture universelle des populations à travers un paquet intégré d’interventions clefs.

C’est pour aider à réduire ce gap, que le programme des Volontaires des Nations Unies (VNU) a initié ce projet qui a permis pendant deux jours, de renforcer les capacités de 25 femmes et 5 jeunes des organisations féminines et jeunes en matière de prévention du paludisme, et de la sensibilisation sur les méfaits du paludisme pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans.

Le programme VNU a aussi distribué un grand nombre de moustiquaires imprégnées aux femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans. Le quartier démuni « Bankoni » en Commune I du District de Bamako avec ses 131 000 habitants, un des quartiers le plus vulnérable en matière de prévention de paludisme de la capitale, a été choisi pour ce projet.

Parmi les formateurs, deux infirmières Volontaires ONU à la Clinique de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), Aichatou SANI (Niger) et Marlene SWEDI (République Démocratique du Congo); et deux médecins du Réseau des Femmes Médecins du Mali (RFM).

Comment attacher de façon efficace une moustiquaire, ou encore acquérir un savoir sur ce qu’est le paludisme, son mode de contraction, les soins appropriés et surtout sa prévention, ce sont là les modules dispensés durant ces deux jours.

Pour le manager du programme VNU au Mali, Hamadou Amadou : « ce projet est d’une importance capitale pour nous, car il permet de former des formateurs en matière de prévention du paludisme, une maladie qui fait des ravages à travers le monde. Nous sommes convaincus que les femmes formées feront fidèlement la restitution à leurs bases afin que les messages clés de lutte contre le paludisme puissent être partagés avec le plus grand nombre de femmes dans la communauté. Cela permettra de sauver des vies innocentes de femmes enceintes et d’enfants de moins de 5 ans qui constituent l’avenir du Mali.»

Quant à Mme Oumou Touré, présidente de la Coordination des Associations et ONG Féminines du Mali (CAFO), partenaire principal du programme VNU pour cette activité, elle estime que « cette formation de formateurs des formateurs vient à point  nommé, parce que Banconi est le quartier de Bamako qui souffre le plus du paludisme ».

Et Mme Touré de lancer un appel « aux femmes et aux jeunes formés de bien faire la restitution afin que l’on réduise le taux de paludisme dans le quartier. Aussi, j’exhorte les jeunes à se dévouer au travail volontaire comme l’assainissement du quartier. Nous venons d’être formés par des volontaires qui viennent d’autres pays pour aider le Mali à se relever de la crise. Alors, nous les maliens, nous nous devons nous aussi de nous porter volontaire pour d’abord aider nos communautés et ensuite se porter à la disposition d’autres communautés dans d’autres pays. »

La formation a pris fin avec la tenue d’une cérémonie au cours de laquelle des démonstrations ont été faites sur les savoirs et savoir-faire acquis lors de la formation. A cette occasion, 800 moustiquaires imprégnées ont été remises à 400 familles démunies de Banconi, un grand nombre de brochures et de posters contenant des messages clefs sur la prévention et le soin du paludisme a aussi été distribué.

Cette activité est à l’instar de celles menées pour lutter contre le virus Ebola, est une illustration des principes mais également des missions des Volontaires ONU auprès des communautés qu’ils servent.

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