Impliquer les jeunes pour la paix et le développement dans l’est de l’Ukraine

07 août 2017
Human rights monitoring
Depuis le début du conflit à l’est de l’Ukraine en 2013, environ 1,7 million de personnes ont été officiellement enregistrées comme personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDI). On estime que 3,8 millions d’individus ont besoin d’une assistance humanitaire et que 2,9 millions vivent dans des zones échappant au contrôle du gouvernement. Le déplacement à long terme pose de lourdes difficultés du fait du manque de possibilités offertes à ceux qui ont abandonné leur foyer – ce qui oblige certains à retourner dans des zones dangereuses afin de chercher du travail. En 2016, quatre Jeunes Volontaires des Nations Unies ont débuté leur mission à Kramatorsk, à l’est de l’Ukraine, participant à la surveillance des droits de l’homme dans la région. Ils contribuent à la sécurité de la communauté, en aidant à la réintégration de ceux qui souhaitent tout simplement rentrer chez eux, comme de ceux qui restent en dépit des combats.
UN Volunteer Andrei Lahunou (left) during a "Peace and Justice" animation workshop organized in Kramatorsk, Ukraine in February 2017.
La Volontaire de l'ONU Andrei Lahunou (gauche) animant l'atelier "Peace and Justice" organisé à Kramatorsk, Ukraine en février 2017. (programme VNU, 2017)

Favoriser la participation et la justice sociale pour les communautés touchées par le conflit

Andrei Lahunou, Volontaire des Nations Unies (Biélorussie) est en poste auprès du Programme Recovery and Peacebuilding Programme (RPP) du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) afin d’atténuer les conséquences négatives du conflit armé sur la population, en particulier la jeunesse. Il conduit des ateliers sur la paix et la justice, les questions de genre et l’emploi des jeunes dans les communautés touchées par le conflit en vue de réduire les tensions et de construire les compétences des participants. Il a également contribué à monter un portail sur le développement de carrière destine aux jeunes Ukrainiens .

Une série d’ateliers intitulés « Paix et justice » se sont déroulés entre février et avril 2017 dans l’Oblast de Donetsk. « Trois ateliers de deux jours ont attiré 60 enfants venus d’horizons différents pour promouvoir la tolérance, le respect pour la diversité et pour favoriser l’unité dans les zones d’Ukraine touchées par le conflit, explique Andrei. Les enfants font l’apprentissage des techniques de base utilisées dans la création d’histoires animées et de la manière dont il est possible de faire avancer le principe de justice sociale en supprimant les barrières auxquelles sont confrontés les individus et qui sont dues au handicap, au statut social, à l’ethnicité, au genre ou à la race. »

Le programme VNU s’était précédemment associé au PNUD pour organiser des ateliers jeunes volontaires dans deux centres administratifs de l’est de l’Ukraine — Kramatorsk et Severodonetsk — rassemblant plus de 100 jeunes militants ainsi que des ONG recherchant des volontaires pour leurs activités. L’idée a été lancée par Marketa Pavlikova (République tchèque), Jeune Volontaire des Nations Unies, qui a soutenu les efforts du PNUD pour la reconstruction et la stabilisation à l’est de l’Ukraine.

Kunal Dhar, alors Conseiller du PNUD pour le relèvement et la stabilisation et chef du bureau de projet en Ukraine, a renouvelé son engagement en faveur de l’autonomisation de la société civile et de la promotion du volontariat en faveur de la paix et du développement dans des communautés touchées par le conflit.

Les jeunes sont les véritables agents du changement en Ukraine et j’encourage les volontaires nationaux et internationaux qui travaillent à l’est de l’Ukraine à contribuer aux efforts de paix et de développement de la région

Surveillance des droits de l’homme

Sarah Himmelberger (Suisse), Jeune Volontaire des Nations Unies et Xenia Rivkin (Suisse) travaillent comme spécialistes des droits de l’homme au sein de la Division des Affaires politiques de la mission de surveillance des droits de l’homme en Ukraine (HRMMU) du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH). Elles mènent des recherches sur le terrain dans les zones touchées par le conflit, interrogeant les victimes et témoins de violations des droits de l’homme. Une partie essentielle de leur mission de suivi consiste à visiter des centres de détention et à s’entretenir avec des personnes accusées de crimes contre la sécurité nationale ; elles suivent les procès et communiquent les informations recueillies à une base de données interne du HCDH. Les Jeunes Volontaires des Nations Unies organisent également des activités de sensibilisation aux droits de l’homme, particulièrement destinées aux jeunes.

« Nous rassemblons des informations apportées auprès des personnes que nous rencontrons dans les villages, le long de la ‘ligne de contact’ entre les zones contrôlées par le gouvernement et les zones que celui-ci ne contrôle plus, ou par des individus qui nous contactent directement ou par l’intermédiaire d’organisations partenaires locales », explique Xenia.

Nous nous rendons dans des villages éloignés auxquels les autres organisations n’ont souvent pas accès, de telle sorte que nous sommes en mesure de signaler les besoins humanitaires urgents à nos organisations partenaires, qui n’auraient autrement jamais su qu’une assistance était nécessaire.

Les Jeunes Volontaires des Nations Unies qui travaillent avec la HRMMU à la surveillance de la situation des droits de l’homme à l’est de l’Ukraine se réunissent régulièrement avec d’autres agences des Nations Unies et des ONG pour discuter de questions précises préoccupantes dans la région. Les volontaires rédigent également les rapports hebdomadaires du bureau de Kramatorsk, qui compilent toutes les activités et les résumés des entretiens menés tout au long de la semaine.

Lorsqu’on travaille dans le domaine des droits de l’homme en zone de conflit, il faut sans cesse se rappeler ce qui vous captive dans votre travail, parce que la plupart du temps, c’est très dur d’entendre les gens parler de leur souffrance, déclare Sarah. « J’ai pris conscience que nous avions vraiment un impact quand les gens étaient si impatients de nous parler qu’ils sortent de chez eux en pantoufles et en pyjama. Ils restaient là, debout, à nous parler, même en hiver quand il faisait -20 °C et en été quand il faisait plus de 40 °C. Ils continuaient de nous parler, même quand une fusillade a éclaté tout près. Ils étaient tout simplement soulagés de pouvoir communiquer à quelqu’un e leurs problèmes et leurs préoccupations. »


Affectée le 14 mars 2014 à l’invitation du gouvernement ukrainien, et avec un mandat régulièrement élargi depuis, la mission des Nations Unies de surveillance des droits de l’homme en Ukraine (HRMMU) et le HCDH observent les droits de l’homme dans le pays et rédigent régulièrement des rapports publics sur la situation des droits de l’homme et les préoccupations et risques qui se font jour.

Cet article a été traduit de l'anglais par la Volontaire en ligne de l'ONU, Karine Laguerre

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