L’autonomisation des femmes suite au séisme en Equateur

19 mai 2017
Michelle Pazmiño
Lors de l’intervention d’urgence suite au séisme ayant eu lieu en Equateur en avril 2016, j’ai aidé en tant que Volontaire des Nations Unies, officier de protection auprès de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Mon travail comprenait, entre autres, la promotion de la participation des femmes et des adolescentes dans le processus de prise de décision dans les camps.
Michelle Pazmiño est Volontaire des Nations Unies nationale, officier de protection auprès de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en Equateur. (Juan Diego Pérez/programme VNU, 2016)

De nombreuses activités développées ont été menées avec des familles touchées par le séisme, notamment avec des femmes et leurs enfants. Elles comprennent des opportunités de formations pour la prévention de la violence basée sur le genre, une aide aux femmes et à leur famille pour identifier les modèles communs de violence, de même que les possibilités de protection qu’elles peuvent solliciter.


La partie de mon travail que je considère comme la plus importante est liée à l’autonomisation des femmes et des adolescentes par le biais d’activités informelles au cours desquelles, grâce à des groupes de travail, l’enregistrement de court-métrages et des ateliers de formation sur l’hygiène et la parfumerie, nous avons réussi à encourager la participation des femmes dans les structures de gouvernance des camps.


J’ai également organisé des ateliers de formation pour mettre en avant de nouvelles stratégies de création de revenus qui pourraient aider les femmes et leur famille à améliorer leurs conditions de vie et à retrouver un semblant de normalité.


Une des activités qui m’a le plus marquée est l’installation d’une manufacture de savon que nous avons mise en place avec les femmes des camps de Pedernales.


En groupe, nous avons réparé une petite maison dans le camp, construite en bois de canne et fournie par l’OIM, et nous avons préparé des étagères, nettoyé et peint ensemble afin de commencer cette manufacture, qui représente un véritable espoir pour un avenir meilleur.


Vivre pendant six mois avec des personnes touchées par le séisme a complètement changé ma vie. Cela m’a permis d’apprécier l’endroit d’où je viens et la richesse humaine ainsi que la solidarité du peuple équatorien.


J’ai beaucoup appris des personnes avec qui j’ai travaillé, y compris de mes collègues de l’OIM, des femmes et des autorités du camp, et j’ai également acquis une nouvelle vision de la façon de mener des projets humanitaires.


Lorsque les Volontaires des Nations Unies ont été réquisitionés pour répondre à la situation d’urgence suite au séisme, je venais de terminer mon Master en action humanitaire internationale en Espagne. Je n’ai pas hésité une seule seconde à m’inscrire. Je savais que je devais retourner dans mon pays et contribuer à l’aide fourni et à la réhabilitation des régions touchées. Le contact avec les personnes affectées par le séisme a réaffirmé ma vocation : j’ai étudié ce que j’aime vraiment faire.


De plus, travailler avec des femmes et leur famille m’a appris que, même dans des circonstances défavorables, il y a toujours une raison de sourire.


Michelle Pazmiño est l’une des 25 volontaires des Nations Unies ayant servi avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et l'Entité des Nations Unies pour l'égalité des sexes et l'autonomisation de la femme (ONU femmes) pour soutenir l’intervention d’urgence dans les régions touchées par le séisme qui a frappé l’Equateur en avril 2016, bouleversant la vie d’environ 720 000 personnes, parmi lesquelles 30 000 ont dû trouver refuge dans des camps temporaires.


Cet article a été traduit par la Volontaire en ligne ONU Sophie Provost.