07 mai 2015
Le 5 mai est la Journée mondiale de la Sage-Femme. L'occasion de découvrir le travail et l'engagement d'une de nombreuses Volontaires des Nations Unies Yéri Monique Hien Kambou du Burkina Faso, Volontaire ONU pour le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) à Garoua, au Cameroun. J'ai choisi de devenir sage-femme parce que j’aime porter secours aux gens, particulièrement aux femmes enceintes et à leur bébé. J’ai déjà beaucoup d’expérience dans mon métier, avec 25 ans passés dans un centre de santé maternelle et infantile. Mais on n’a jamais fini d’apprendre.
Yéri Monique HIEN KAMBOU, burkinabée, 59 ans, est Volontaire des Nations Unies pour le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) à Garoua La photo est tirée d'un reportage photo intitulé « Femmes volontaires, actrices du changement ». Une initiative commune du programme VNU, France Volontaires, la Croix-Rouge Camerounaise, L'agence coréenne de coopération (KOICA), CUSO International, CIVITAN Cameroun (Aimay Menoba, 2015)

Garoua, Cameroun: J'ai choisi de devenir sage-femme parce que j’aime porter secours aux gens, particulièrement aux femmes enceintes et à leur bébé. J’ai déjà beaucoup d’expérience dans mon métier, avec 25 ans passés dans un centre de santé maternelle et infantile. Mais on n’a jamais fini d’apprendre. Mon volontariat dans ce domaine a ainsi renforcé mes compétences en soins obstétricaux et néonataux d’urgence. Si un volontaire des Nations Unies peut par la suite devenir staff, ce n’est pas mon objectif. Je fais ce que j’ai à faire, je donne de mon temps et de ma personne, ainsi que mes compétences aux autres.

J’accompagne et donne beaucoup de conseils aux femmes enceintes vivant avec le VIH. Quand elles donnent naissance à des enfants séronégatives, ce qui arrive souvent heureusement, ma satisfaction est des plus grandes. Cette expérience m’a aussi permis de côtoyer des cultures différentes, d’améliorer ma flexibilité. Pour bien travailler, j’ai été obligée à mes débuts d’avoir un interprète, car je ne parlais ni ne comprenais la langue locale : le Fulfulde. Puis, j’ai appris des mots clés, comme : « Madame, pousse, pousse fort ! », « Ne pousse plus ! ».

Ici au nord du Cameroun, la mortalité infantile et maternelle reste forte. Afin d’améliorer cette situation, je donne des consultations pré et post-natales, je conduis les accouchements et je fais le suivi du nourrisson, je donne aussi des consultations curatives sur le planning familial et les vaccinations. A l’hôpital régional de Garoua, je suis la seule sage-femme de l’équipe de la maternité.

En tant que Superviseur et Formateur en Santé de la Reproduction, je transfère mes connaissances et expériences au personnel de la maternité, aux élèves sages-femmes et infirmières, ainsi qu’aux prestataires de santé venant d’autres structures de la région pour des stages tuteurés et des formations. En salle d’accouchement, j’ai constaté que les gens commencent à changer leurs manières de travailler : la prévention des infections est bien appliquée et l’accouchement bien conduit. Je donne aussi des cours dans une école privée. J’ai eu la satisfaction de voir la première promotion de sages-femmes qui ont fait leurs stages chez moi, réussir non seulement les examens théoriques de fin de formation, mais aussi et surtout les examens pratiques de sortie: c’est très gratifiant.

Afrique subsaharienne
Objectif de développement durable: