Malawi : renforcer le pouvoir d’action des femmes

24 mai 2017
Andrea Medaas
Depuis mars 2016, Andrea Medaas, originaire de Norvège, aest déployé comme Jeune Volontaire des Nations Unies auprès du bureau de pays d’ONU Femmes de Lilongwe, au Malawi, au sein de l’unité programmatique d’autonomisation économique des femmes. À Lilongwe, Andrea et ses collègues travaillent dans un seul but : veiller à ce que les femmes du Malawi soient économiquement indépendantes et profitent du développement.
La Volontaire des Nations Unies Andrea Medaas (Norvège) et un membre de la communauté Phaie de la zone de planification du développement de Chinguluwe passent en revue les travaux agricoles traditionnels répartis selon le sexe, pendant une visite de contrôle et d’évaluation dans le district de Salima, dans le centre du Malawi. (Emma Gausi / programme VNU Malawi, 2016.)

En tant que Jeune Volontaire des Nations Unies, Andrea est amenée à travailler sur différents projets, qui ont pour objectif commun de renforcer le pouvoir d’action des femmes dans tous ses aspects. Andrea peut se retrouver une semaine sur le terrain afin de superviser des formations en commerce et entrepreneuriat suivies par des membres de groupes de producteurs et, la semaine suivante, représenter son équipe programmatique lors d’une formation sur l’égalité des sexes et le changement climatique destinée aux membres du Parlement.

Une chose est sûre : l’ouvrage ne manque pas.  

L’un des projets sur lesquels Andrea travaille le plus étroitement consiste à promouvoir les principes d’autonomisation des femmes. Elle collabore avec des partenaires et des entités du secteur privé pour favoriser l’autonomisation des femmes au travail, au marché et dans la communauté grâce à la mise en œuvre de ces principes. « Lorsqu’une entreprise signe les principes d’autonomisation des femmes, nous travaillons ensuite avec elle pour veiller à ce que l’égalité des sexes soit une priorité dans sa façon de fonctionner, non seulement parce que cela est juste, mais aussi parce que l’inclusion des femmes dans le secteur privé est pertinente sur le plan financier et génère des avantages économiques », explique Andrea.

« Nous avons lancé les principes d’autonomisation des femmes dans toutes les régions. Neuf entreprises les ont signés, et elles les défendent maintenant dans tout le secteur privé du Malawi », ajoute Andrea avec enthousiasme.

Andrea est toujours heureuse de sortir de son bureau pour aller à la rencontre des bénéficiaires qui voient d’elles-mêmes les améliorations et les changements concrets que les projets mis en œuvre par ONU Femmes apportent à leurs moyens de subsistance et promettent pour leur avenir. « L’une des conversations les plus marquantes que j’ai eues au Malawi a eu lieu avec Loveness Moses, une femme de 73 ans et mère de huit enfants, qui était bénéficiaire du soutien fourni par les agents de développement formés par ONU Femmes », se souvient Andrea.

Grâce à ce soutien, Mme Moses a pu suivre des cours d’alphabétisation pour adultes et, à 73 ans, apprendre à lire et à écrire. « Cela lui a donné les moyens de devenir une agricultrice de premier plan dans sa communauté, où elle prône maintenant l’égalité des sexes au sein du foyer, et de plaider en faveur de l’éducation », ajoute Andrea.

J’espère poursuivre mon travail pour continuer à défendre les droits des femmes et des filles et ne jamais oublier, dans tout ce que j’entreprendrai, que personne ne doit être laissé pour compte dans la réalisation d’un monde plus juste, plus égalitaire et plus équitable

 

Pour Andrea, cette bénéficiaire est une source d’inspiration personnelle, une façon de se rappeler qu’il n’est jamais trop tard pour apprendre, et que l’autonomisation créé un effet d’entraînement.

« L’autonomisation peut contribuer à transformer non seulement la vie d’une personne, mais aussi celle des générations à venir, explique Andrea. Des femmes comme [Mme Moses] me motivent à consacrer mon temps, mon énergie et mes efforts au travail essentiel et indispensable en faveur de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes. »

Andrea précise que lorsqu’elle était enfant, elle et sa famille ont beaucoup voyagé : depuis la Norvège jusqu’au Royaume-Uni, en passant par les États-Unis et la Russie. « Le volontariat m’a toujours attirée, notamment à l’échelle communautaire, et comme je me considère avant tout comme une citoyenne du monde, ma communauté, c’est le monde entier. Par conséquent, être Volontaire des Nations Unies me paraît tout à fait logique, indique Andrea. Contribuer à la paix et au développement durable est quelque chose qui a toujours trouvé écho en moi. » Andrea explique que le « privilège » d’avoir passé toutes ces années en Norvège, un pays classé parmi les premiers de la planète pour ce qui est de l’égalité des sexes, a exercé une influence indélébile sur sa façon de voir les choses.

« Sans l’égalité des sexes partout et pour tous, nous ne pourrons pas atteindre les objectifs de paix, de développement durable et de sécurité pour l’humanité (...) Je travaille pour quelque chose qui, selon moi, contribue à l’intérêt général, quelque chose de bien plus grand que ma simple personne, et cela me fait du bien. Je voudrais dire à toutes celles et à tous ceux qui s'interrogent sur le volontariat de ne plus attendre et d’arrêter de croire que rien ne peut être fait pour relever les défis importants auxquels l’humanité est confrontée en ce moment.  Lancez-vous, soyez proactifs ! Si vous ne le faites pas, qui le fera ? Et si vous ne passez pas à l’action maintenant, quand le ferez-vous ? »

Trente Volontaires des Nations Unies sont actuellement affectés au Malawi. Ils travaillent pour cinq agences de Nations Unies, dont l’UNICEF, ONU Femmes, le PNUD, le HCR et ONUSIDA et occupent un large éventail de postes.