Mon rôle? Raconter et redonner de l'espoir dans un contexte humanitaire difficile

15 août 2017
Helena Pes
Prise au piège d’un conflit qui ne dit pas son nom, une partie de la population malienne continue à fuir le pays pour trouver refuge en Mauritanie. Au printemps dernier, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a fait savoir qu’en huit mois, ce sont plus de 5 400 Maliens qui ont traversé la frontière pour venir se réfugier dans le camp de Mbera en Mauritanie, qui abrite déjà plus de 50 000 réfugiés et demandeurs d'asile. Il s'agit du plus important afflux de réfugiés en provenance du nord du Mali depuis 2013.
Mali Mauritania UNV UNHCR
La Volontaire ONU auprès du HCR Helena Pes, en compagnie du chanteur Touareg Hamma, du groupe Taflist, lors de l'organisation d'activités à l'occasion de la Journée mondiale des réfugiés (HCR, 2017)

Helena Pes est une Volontaire ONU affectée au HCR dans le camp de Mbéra. « La situation au nord Mali demeure instable et dans ces conditions de retours massifs de réfugiés ne sont pas envisagés. » nous explique-t-elle. Dans un pays, où les communautés et ethnies avaient appris à vivre ensemble, depuis 2012, plusieurs populations ont commencé à fuir le nord Mali à cause du conflit et par peur des répressions. Il s’agit pour la plupart de Touareg mais il y a aussi des Arabes, de Peules et Songhai parmi les plus de 51 000 réfugiés du camp.

En tant que responsable de l’information publique du camp de réfugiés au HCR, Helena est en charge des publications et de la communication du HCR en Mauritanie. Son rôle est éminemment important pour le camp et pour sensibiliser au travail du HCR. Son objectif principal consiste à faire connaître l’existence de ces réfugiés en Mauritanie, victimes collatérales du conflit et se retrouvant dans des conditions de vie difficiles. Elle produit des reportages, intervient dans des publications pour sensibiliser à la cause et prend la parole dans des médias internationaux. 

La situation malienne est en train d’entrer dans sa sixième année. C’est une crise prolongée, oubliée par les media et obscurée par d’autres urgences humanitaires, certes toute aussi grave

Après 5 ans, la situation humanitaire reste préoccupante. Le conflit a eu un impact considérable sur les ressources, déjà très limitées à la base de cette zone semi-aride du Hodh ech Cargui, où se trouvent les réfugiés. Helena nous commente : « Le pâturage des populations locales souffrent également de cette situation (…) Les réfugiés qui ont perdu leurs bétails à cause du conflit ou de la sècheresse se paupérisent et des générations entières souffrent du manque d’opportunités. » Malgré les efforts des organisations humanitaires dans le camp, l’éducation, surtout au niveau secondaire, reste un problème et la plupart de la population du camp est analphabète.

« En m’engageant, c’était surtout le poste qui m’a attiré, la possibilité d’explorer de nouveaux horizons et de pouvoir raconter un nouveau contexte. En devenant Volontaire ONU pour le camp HCR à Mbéra, j’étais sûre de trouver des histoires intéressantes de pouvoir mettre mes compétences à une juste cause, au profit d’une population en exil. » 

« Beaucoup d’histoires individuelles de réfugiés m’ont marquée. » Malgré le contexte, grâce à son travail, Helena a également réalisée des reportages montrant un aspect positif de la vie dans le camp, mettant en avant la culture qui persiste. « J’ai eu l’occasion par exemple de rencontrer des artistes qui redonnent vie en amenant de la culture dans le camp. J’ai réalisé un reportage, et depuis, on a mis en place plusieurs initiatives avec ces artistes, parmi le plus important pour le HCR : la Journée Mondiale des Réfugiés en 2016 et en 2017, mais   mais aussi la participation à un grand festival de musique en Mauritanie, le festival d’Ain Farba qui est en effet un partenaire du célèbre Festival au Désert du Mali, qui ne peut malheureusement pas avoir lieu depuis le conflit en 2012. »

>  Découvrez le reportage dans son intégralité réalisé par Helena (en anglais)

>  Ecoutez les explicationts données par Helena lors de son intervention sur Rfi, radio France internationale 

Et Helena de conclure « 

Je suis fière des résultats qu’on a réussi à obtenir (…) il n’est pas toujours facile de faire passer des messages positives dans un contexte difficile,

(...) et face à la méconnaissance du contexte, particulièrement pour un pays comme la Mauritanie, qui est perçue comme un pays dangereux ou à ne pas visiter. Au contraire, j’y ai trouvé beaucoup de tolérance dans ce pays. »

Afrique subsaharienne
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