Ukraine : réapprendre à vivre ensemble

02 novembre 2017
Journée internationale des Volontaires 2017
À Kramatorsk, une ville de l’est de l’Ukraine, les hostilités qui ont suivi le mouvement de protestation Euromaïdan ont laissé des marques qui sont encore largement présentes. Le Volontaire des Nations Unies Andrei Lahunou, qui travaille auprès du PNUD pour la consolidation de la paix et la prévention des conflits, aide ceux qui ont été affectés par le conflit à vivre de nouveau les uns avec les autres.
Andrei and other volunteers working on the community garden “StudParkovka” in Eastern Ukraine.Andrei Lahunou (center) works in Kramatorsk, Eastern Ukraine as a UN Volunteer with UNDP.
Andrei Lahunou (centre) travaille à Kramatorsk, dans l'est de l'Ukraine comme Volontaire des Nations Unies (2017).
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L’est de l’Ukraine est le théâtre d’un conflit armé durable, qui se définit comme étant un conflit caractérisé par sa longévité, sa complexité et une incidence élevée sur les populations locales Kramatorsk, située dans la région du Donbass, a été l’une des premières villes à échapper au contrôle du gouvernement au début du conflit, en 2014. Dans cet ancien bastion rebelle, les impacts de balle, les trouées laissées par les projectiles et les bâtiments endommagés sont encore visibles un peu partout.


En tant que Volontaire des Nations Unies au service du Programme de relèvement et de consolidation de la paix du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Andrei est chargé d’organiser des événements, des ateliers et des formations promouvant la paix et favorisant la cohésion sociale. Actif dans divers secteurs et au sein de plusieurs communautés, Andrei travaille en coopération avec des personnes déplacées à l’intérieur du pays, des résidents de zones ne se trouvant plus sous le contrôle du gouvernement ukrainien, des fonctionnaires, des activistes, des ex-combattants ainsi que des citoyens devenus médiateurs au sein de leur communauté.



Andrei Lahunou (au centre sur la photo) travaille en tant que Volontaire des Nations Unies auprès du PNUD à Kramatorsk, dans l’est de l’Ukraine.


Par exemple, Andrei a mis sur pied quatre séminaires Bellum aut Pax (« guerre ou paix ») en partenariat avec des organisations non gouvernementales, des activistes et des experts dans le but d’établir le dialogue, d’échanger des connaissances et de renforcer les capacités. Il a aussi organisé plusieurs ateliers « Insider Mediation » (médiation depuis l’intérieur) ainsi qu’un événement spécial pour la Journée internationale de la paix, qui a attiré 200 participants, dont de nombreux jeunes.


« La paix ou la cohésion sociale, ce n’est pas quelque chose de tangible qu’on peut toucher du doigt. Nous semons des graines, et quelques-unes, avec un peu de chance, seront florissantes. »


Andrei a aussi participé à la création d’un jardin communautaire, baptisé StudParkovka, dans le but de transposer ces efforts dans l’espace public. Conçu pour accueillir des activités récréatives et sociales, le jardin est situé à proximité de quatre universités (deux dְ’entre elles ont été déplacées en raison des hostilités). L’objectif principal de cette initiative est de cultiver le sens de la communauté, de la confiance et de l’apaisement.



Andrei et d’autres volontaires travaillent dans le jardin communautaire StudParkovka, dans l’est de l’Ukraine.



Selon Andrei, c’est sur le terrain que se trouvent les véritables acteurs des efforts de paix. « Celles et ceux qui restent, qui reviennent et qui s’engagent pour relever les défis du rétablissement et du développement sont les vrais héros […] », affirme-t-il.


« Les histoires les plus belles et les initiatives les plus courageuses sont celles des personnes déplacées à l’intérieur du territoire, une communauté qui est soutenue activement par le PNUD et d’autres agences de l’ONU », précise Andrei.


Andrei a tiré de nombreux enseignements de son expérience sur le terrain, mais c’est dans la résilience de ceux qui, autour de lui, s’efforcent de promouvoir le changement pacifique qu’il a trouvé une source d’inspiration particulière.


« Il ne faut pas victimiser les personnes affectées par les conflits armés. Souvent, ces personnes sont des exemples de courage, d’héroïsme et de force humaine.


Ce que j’ai appris, c’est qu’il y a de nombreux professionnels qui sont à pied d’œuvre tous les jours, qu’on ne remarque pas de l’extérieur, mais qui aident véritablement les Nations Unies et la population avec laquelle nous travaillons à aller de l’avant. », conclue-t-il.


Cette article est publié dans le cadre de la campagne pour la Journée internationale des Volontaires 2017: Les volontaires : premiers à agir. Ici. Partout.