Un an après Ebola : les Volontaires ONU toujours indispensables

14 août 2017
Lynda Buckowski
L’une des images les plus fortes et les plus éprouvantes que le monde a découvert en 2015 est sans aucun doute venue de Sierra Leone, lorsque le virus Ebola s’est abattu sur ce petit pays d’Afrique de l’Ouest et y a fauché tant de vies. Cette catastrophe semblait d’autant plus injuste que le pays se relevait à peine d’une guerre civile longue et brutale. Il a pourtant fallu que les Sierra-Léonais surmontent cet obstacle à leur développement et, de nouveau, franchissent une cruelle épreuve. Tout le pays s’est alors mobilisé, et la population a une fois de plus montré sa détermination.
UNV Ebola one year later
Lynda Buckowski (Irlande) a commencé son affectation en tant que Jeune Volontaire des Nations Unies auprès du PNUD, en Sierra Leone. Pendant 18 mois, elle a géré une équipe d’inhumation avec des volontaires communautaires et des volontaires de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR). (PNUD 2017)

Au total, 16 200 personnes ont travaillé comme volontaires dans le cadre de la riposte au virus Ebola, mais parmi tous ces « travailleurs d’Ebola », ceux qui étaient vêtus d’une combinaison de protection les recouvrant des pieds à la têtes ont probablement acquis la plus grande notoriété. Les membres de ces équipes de volontaires, appelées SDB (« safe and dignified burial teams », ou « équipes d’inhumation dans la sécurité et la dignité »), sont rapidement devenus des éléments indissociables des interventions de réaction au virus et des acteurs essentiels pour stopper la propagation de la maladie.


Lorsque la Sierra Leone a finalement déclaré que le pays s’était débarrassé du virus Ebola, en 2016, ces femmes et ces hommes sont retournés dans leur communauté. Mais, en raison de la crainte de la contagion qui perdurait, il leur a été difficile de retrouver un emploi adéquat. C’est ainsi que mon premier rôle lors de ma première affectation en tant que Jeune Volontaire des Nations Unies auprès du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a consisté à travailler aux côtés de ces femmes et de ces hommes afin de les aider à reprendre pied dans la société et à retrouver du travail, dans le cadre d’un projet d’envergure nationale de « réintégration et de reconversion ».


Au cours des 18 derniers mois (en tant que Jeune Volontaire ONU chargée des affaires pour le PNUD), j’ai travaillé avec la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge afin d’améliorer les moyens de subsistance et le bien-être psychologique de ses 1 300 équipes SDB. Le projet de réintégration et de reconversion s’inscrit dans le programme du PNUD visant à restaurer les moyens de subsistance et favoriser le développement économique et social (« Restoring Livelihoods and Fostering Social and Economic Recovery ») et conçu pour compléter le plan de redressement post-Ebola (« Post Ebola Recovery Plan ») du gouvernement de Sierra Leone. Stimuler le développement à l’aide d’activités économiques est un aspect central de ce plan.


J’ai principalement consacré mes efforts à coordonner, avec l’équipe, la répartition des différents modules de formation axée sur les compétences qui étaient proposés aux volontaires. Ces formations couvraient des domaines tels que la création d’entreprise, la formation professionnelle, les stages, l’inclusion financière ainsi que le soutien pédagogique pour les étudiants à l’université. Le but du projet était de permettre aux volontaires d’acquérir de nouveaux ensembles de compétences essentielles pour améliorer leurs moyens de subsistance.


Tous ceux qui travaillent sur les moyens de subsistance savent bien que c’est un domaine où il est très difficile de garantir un succès complet, notamment dans un contexte de faible activité économique. Il faut avoir l’honnêteté de le dire. Reste que le projet a donné aux volontaires les bases nécessaires pour devenir indépendants et contribuer de manière constructive au développement de leur pays. Tous les volontaires devraient ressentir des effets socioéconomiques durables au fur et à mesure qu’ils amélioreront la gestion de leurs affaires, grâce aux compétences et aux connaissances acquises au cours des 18 mois qui vienne de s’écouler.


Les membres des équipes d’inhumation ont pour la plupart perdu leur emploi durant la crise causée par le virus Ebola ; les écoles ont été fermées, tout comme les universités, et de nombreuses personnes ont perdu leur entreprise. Nous voulons les aider à retrouver la vie qui était la leur avant l’épidémie.


Les images de la lutte contre la fièvre hémorragique Ebola resteront gravées dans nos mémoires, mais il est crucial de regarder vers l’avenir. Lorsque j’ai décidé de capter en images la vie des volontaires après Ebola (dans un reportage photo créé sur Exposure et publié par le PNUD en Sierra Leone), je voulais en quelque sorte riposter aux représentations atroces de peur et de lutte incarnées par la maladie et les remplacer par un nouvel élan porteur d’avenir et de progrès. Lorsque je repense au temps que j’ai passé en Sierra Leone, je me dis que cela a été un grand honneur pour moi de travailler en tant que Volontaire des Nations Unies avec toutes ces personnes, et je l’ai fait en toute humilité. J’ai aussi le sentiment qu’un effort réel a été entrepris par le PNUD et la FICR pour que les efforts, les sacrifices et les contributions de toutes ces femmes et de tous ces hommes soient reconnus.



Découvrez Les « héros méconnus » de la crise sont réintégrés dans leurs communautés. 


Apprenez-en davantage sur les équipes d’inhumation en Sierra Leone en regardant cette vidéo d’une minute


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