A voix haute pour les droits des enfants au Burundi

16 janvier 2017
Juan Haro Simaro
Je suis arrivé en avril 2016 au Burundi afin d’exercer les fonctions de Volontaire des Nations Unies chargé de communication auprès de l'UNICEF, ayant une mission bien déterminée : défendre les droits de l’enfant du Burundi tout en m’appuyant sur le pouvoir des contes et des outils de communications numériques.
Juan Haro Simaro est un Volontaire ONU international chargé de la communication pour UNICEF au Burundi. (programme VNU, 2016)

Lorsque j'ai atterri pour la première fois à l'aéroport international de Bujumbura afin de travailler comme Volontaire international des Nations Unies auprès de l'UNICEF, j'ai réalisé que la situation dans le pays était très fragile.

À peine sept jours après mon arrivée, j’ai entendu un matin des tirs et des coups de feu dans les rues non loin de chez moi. C'était en effet une situation un peu effrayante. Et j’'ai ainsi compris le contexte difficile et complexe à la fois auquel les travailleurs étrangers devraient faire face pour exercer leur travail dans des pays tels que le Burundi. 

Depuis le début de la crise politique au Burundi en avril 2015, la violence politique a engendré un environnement qui ne cesse d’être fragile pour les enfants. Ce que d’ailleurs expliquent régulièrement des rapports faisant état de violations des droits de l'enfant, y compris : blessures, décès et détentions.

Malgré toutes ces difficultés, mon objectif était de mettre mes capacités et mon expérience professionnelle au service des filles et des garçons burundais dans le but d’améliorer leurs conditions de vie. Dans le cadre de ma mission, je me focalisais sur les communications numériques et des récits multimédias pour m’engager auprès du public et offrir véritablement la parole aux sans-voix. Pour les défendre, je raconte des histoires authentiques qui se produisent ici même afin d’accroître l'intérêt du public et soutenir les enfants vulnérables au Burundi.

Un enfant courageux dans les rues Bujumbura   

C'est dans ces circonstances que j'ai rencontré une personne que je ne vais jamais oublier. Il s’appelle Aimable. C’est un garçon âgé de onze ans. Aimable a vécu dans les rues de Bujumbura pendant 7 ans. Ce garçon a vu des choses qu'aucun enfant ne devrait voir. Durant l'interview, Aimable a partagé avec nous la dureté des jours vécus dans la rue avec son frère. La tragédie la plus choquante qu'il a partagée avec moi fut le moment où il a découvert un corps sans vie dans la rue. Forte heureusement et grâce à l'intervention de l'UNICEF et de ses partenaires, ce jeune garçon remarquable est maintenant retourné à l'école et il est également réuni avec sa famille. 

Son histoire devait apparaître. Alors, nous  avons décidé de réaliser une présentation en vidéo. L'impact de l'histoire a éveillé l'intérêt des gens à l’échelle internationale au point d’arriver à déclencher des conversations à travers le monde entier et des discussions en ligne à propos des enfants au Burundi. De plus, j'ai reçu des messages de la part de  mes collègues me demandant comment pouvaient-ils faire pour venir en aide. Outre cette volonté d’aider, ils ont montré leurs inquiétudes au sujet de la réalité des enfants burundais qui ont aussi connu la même souffrance d’Aimable et qui sont confrontés à devoir survivre dans un environnement où, même avant la crise politique, être enfant était synonyme de difficulté. 

Soutenir les plus vulnérables pour un avenir meilleu

L'un de nos objectifs à l'UNICEF est de mettre fin à toute transmission du VIH de la mère à l’enfant. Pour soutenir cet objectif, j'ai visité un centre de santé au cours d'une mission de terrain pour recueillir des témoignages et des photos de mères et d'enfants séropositifs.

En tant que journaliste de formation, je prépare toujours mes entretiens à l'avance. Néanmoins, face à ces histoires aussi bien personnelles que bouleversantes, mes questions avaient besoin d'être reformulées. La leçon du courage et de résilience que j'ai apprise de ces mères et leurs enfants, m'a fait sentir très petit et tout à fait ignorant. Ce jour-là, j'ai été profondément touché par les défis et les décisions courageuses que les individus entreprennent pour y faire face. J'ai absorbé ce que peut signifier : lutter contre les difficultés que réserve la vie et comment affronter l'avenir sans crainte.

Responsabilité supplémentaire

Je représente un des plus de 6 700 Volontaires des Nations Unies déployés dans 121 pays qui consacrent leur vie à rendre le monde meilleur. À l'intérieur de notre bureau au Burundi, le staff international et national travaillent main dans la main pour veiller à ce que l'UNICEF continue de promouvoir les droits et le bien-être de tous les enfants au Burundi. Au sein de notre équipe, j'ai eu la chance de travailler avec un autre Volontaire ONU et un être humain incroyable, Yves Nijimbere.

Sur le terrain et au quotidien, nous représentons tous les deux de manière différente le Volontariat des Nations-Unies. Au-delà de nos compétences techniques dans les communications, les médias sociaux, la photographie ou les récits en ligne, nous avons une responsabilité supplémentaire : contribuer à la paix, la justice et le développement dans le monde entier. Et cette fois, afin d’améliorer la vie des enfants du Burundi.

>Cet article a été traduit de l'anglais grâce à l'aide de la Volontaire en ligne ONU Amel Aït-Hamouda

Objectif de développement durable: