Le Volontariat, plus qu’un engagement, une conviction !

10 juillet 2013
De la gestion de projet, en passant par l’encadrement associatif et l’entreprenariat, le Volontaire ONU national Herman Rakotomala participe activement à l’organisation socio-économique (développement communautaire) de la commune rurale de Saint Augustin au Sud-Ouest de Madagascar.
La Plateforme multifonctionnelle sert à la transformation de produits agricoles. Elle permet d'accroître les revenus des agriculteurs, d'alléger le labeur des femmes et de soutenir les initiatives locales visant à subvenir aux besoins de la communauté. (Programme VNU, 2013)

Saint Augustin, Madagascar: Herman Rakotomala, Malgache (28 ans), est Volontaire des Nations Unies sous le Programme « Moyens de Subsistance Durable et Lutte Contre la Pauvreté ». Ce programme financé par le PNUD a pour objectif de contribuer à une amélioration durable des conditions de vie des groupes les plus vulnérables.

De la gestion de projet, en passant par l’encadrement associatif et l’entreprenariat, Herman participe activement à l’organisation socio-économique (développement communautaire) de la commune rurale de Saint Augustin, située au Sud-Ouest de Madagascar. Pour assurer un service de proximité aux populations d’une quinzaine de villages, il a impulsé une dynamique locale en mettant en place une fédération d’associations, visant à coordonner les initiatives communautaires de St Augustin. Cette coordination n’est possible que par l’implication d’Herman dans le développement de synergie avec les autres structures mises en place par le Programme telles que 1) le Centre d’Information, d'Orientation et d’Accompagnement (CIOA) ou « ivotoeranaTantsoroka ho amin’nyFampivoarana (iTaFa) » et 2) la Plateforme multifonctionnelle (PTFM) en vue d’améliorer la situation sociale et économique des villageois.

L’éducation des adultes par la méthode « l’'Alphabétisation Fonctionnelle Intensive pour le Développement », suivie de l’insertion professionnelle des jeunes, hommes et femmes, est pérennisée par l’ouverture de huit centres d’alphabétisation, actuellement en phase d’autonomisation, qui ont accueilli, formé et orienté près de 280 personnes bénéficiaires. « Auparavant, les villageois devaient faire appel à une tierce personne pour lire et comprendre les courriers de la commune, aujourd’hui ils le font de manière autonome et sont en mesure de suivre leurs propres comptes », affirme Herman.

Les capacités techniques et opérationnelles du comité de gestion de la PTFM sont renforcées pour qu’à terme la communauté prenne en mains le projet et le gère de manière autonome. La plateforme multifonctionnelle, constituée d’outils de transformation agricole, vise à accroître les revenus des agriculteurs, à alléger les tâches, celles des femmes en particulier et également à soutenir des initiatives locales pour subvenir aux besoins communautaires. Cette installation, peu consommatrice d’énergie, multiplie le rendement de production par trois mais Herman constate que la communauté ne s’est pas encore approprié totalement le projet. « Pour qu’il y ait appropriation du projet, les populations veulent percevoir les avantages immédiats de ce nouvel outil. Une telle appropriation s’établira au fur et à mesure que les activités de la PTFM se développent », explique-t-il.

Herman admet que les conditions de terrain ne sont pas faciles et que les enjeux sont nombreux : un enjeu social caractérisé par le regroupement familial, l’individualisme entrepreneurial et la méfiance des villageois quant à l’utilité et l’efficacité d’un nouveau projet, un enjeu politique rythmé par une course au pouvoir omniprésente (élections communales), un enjeu économique avec une baisse du pouvoir d’achat dû aux contraintes climatiques.

« Après le cyclone Haruna, notre action a été de renforcer  les capacités techniques des paysans dans l’agro-élevage », affirme-t-il.

Herman ajoute à cela les problèmes liés à la sécurité dans les zones périphériques de la commune, dites sensibles et difficiles d’accès. Mais il reste optimiste et confie qu’« être volontaire c’est un véritable défi qu’il aime relever ».

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Bio : Herman Rakotomala, Volontaire de l’ONU à Madagascar, a été animateur-formateur volontaire au sein de l’association MADERA (Management pour le Développement Rural et pour l’Auto-promotion communautaire) en 2002. Il a fondé sa propre association de jeunes TAFIT (TanoraAntokynyFampandrosoanaan’I Toliara), devenue CELCO Jeunes (Cercle Educatif, des Loisirs, Compétences, Objectifs Jeunes) en 2007. Sa mission s’achèvera à la fin de l’année 2013, mais Herman souhaite poursuivre sa  carrière dans le domaine des élections ou la protection des droits humains, et ce, toujours dans le système des Nations Unies ou une organisation internationale.

*L'auteur de cet article, Fanny Bordarier est Volontaire de l’ONU auprès du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) pour la promotion du volontariat à Madagascar.  Son affectation est entièrement financée par le Gouvernement français.
 

 

 

 

 

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