16 janvier 2013
Lors de ma mission d’un an au Kazakhstan je me suis posé quelques questions. Je me suis notamment demandé pourquoi j’avais choisi de m’y rendre. En tant que statisticien, je dirais c’est suite à un enchaînement de circonstances aléatoires.
Antti Impinen (davant, centre) discute avec d'autres Volontaires des Nations Unies lors de la célébration de la Journée internationale des volontaires à Astana, au Kazakhstan. (Programe VNU, 2011)

Astana, Kazakhstan: Lors de ma mission d’un an au Kazakhstan je me suis posé quelques questions. Je me suis notamment demandé pourquoi j’avais choisi de m’y rendre. En tant que statisticien, je dirais c’est suite à un enchaînement de circonstances aléatoires. J’ai reçu l’annonce de la position de volontaire une semaine avant la date limite de dépôt des candidatures, juste au moment où je finissais ma thèse. A ma grande surprise, les critères requis correspondaient presque parfaitement à mon expérience professionnelle. J’étais ouvert à toute opportunité, peu importe la destination, mais cette mission se déroulait au Kazakhstan et j’étais prêt à y aller. Que ce soit d’un point de vue romantique ou déterministe, c’est le Kazakhstan qui m’a choisi.

Comme beaucoup de volontaires au Kazakhstan ont de l’expérience en matière d’environnement, de pauvreté, des droits de l’homme et d’ONG, mes domaines d’expertise étaient inhabituels, mêlant les statistiques à la santé publique, l’épidémiologie et la recherche. Mais c’est cette combinaison que recherchait l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC). J’ai vite compris que l’Afghanistan et ses voisins faisaient face à des problèmes similaires liés à la production, au trafic et à la consommation de la drogue. Beaucoup de pays de la région servent de plaque tournante du trafic de drogue vers des marchés plus lucratifs, ce qui crée des problèmes dans chaque pays. En matière de santé publique, cette situation entraîne une problématique de dépendance, de sida, d’hépatite-C et de tuberculose chez les drogués, alors que le traitement et les services ne sont pas disponibles pour tous.

Je dois dire que ce fut une année intéressante, tant au niveau professionnel que d’un point de vue personnel. Ce poste auprès du bureau de pays et du programme régional de l’ONUDC a approfondi ma connaissance du marché de la drogue et de ses problèmes interdépendants et de ce que signifie de travailler au sein d’une organisation internationale et de son mandat.  En recueillant des informations auprès des consommateurs de drogue, j’ai dû faire face à des défis importants et cette étude m’a appris beaucoup de choses.

Les drogués sont souvent stigmatisés et négligés et peu de ressources leur sont consacrées. Une grande partie du travail effectué en ce domaine est bénévole. J’ai eu la chance de pouvoir me porter volontaire et de faire partie d’une équipe dévouée qui cherchait à créer des solutions. Je crois que j’ai pu contribuer à un disséminement plus large de l’information concernant la consommation de drogue dans la région, ainsi qu’au développement du système local de soins de santé traitant les problèmes liés à la consommation de drogue.

Quand je repense à cette année, je dois avouer qu’au début l’idée de vivre dans un autre pays me remplissait de beaucoup d’excitation et d’anxiété. Toutefois, maintenant que je dois rentrer chez moi, je ressens beaucoup d’émotion quand je pense aux nouveaux liens que j’ai créés avec mon pays d’accueil et les personnes que je vais quitter. Ce fut une expérience fantastique que je recommande à tout qui désire faire une différence et a une attitude ouverte face aux autres cultures. Pour moi ce fut une occasion mémorable d’entreprendre une mission volontaire et d’en apprendre beaucoup sur le fonctionnement de l’ONUDC au  Kazakhstan, sur son peuple généreux et sur moi-même. Je recommande chaleureusement le volontariat à quiconque cherche à susciter des changements positifs dans la société et en lui-même.

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Biographie : Antti Impinen est finlandais et fut volontaire international des Nations Unie. D’octobre 2011 à octobre 2012, il a occupé le poste d’épidémiologiste-statisticien auprès de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) à Astana au Kazakhstan. Il a travaillé pendant 5 ans comme chercheur au National Institute for Health and Welfare à Helsinki en Finlande et est titulaire d’un doctorat en santé publique de l’Université d’Helsinki et d’une maîtrise en statistiques de l’Université de Jyvaskyla.