L’accès à la terre : un enjeu essentiel pour les femmes

Actualités
26 mars 2014
Sud Kivu, R?publique d?mocratique du Congo

L’accès à la terre et aux ressources naturelles est indispensable pour la survivance d’une grande partie de la population à l’Est de la République démocratique du Congo, hommes et femmes confondus. Pourtant, la coutume  discrimine les femmes et les jeunes filles, ne leur donnant pas le droit d’acquérir de parcelles de terre. Covadonga Murias Quintana est une Volontaire de l’ONU, chargée des rapports et de la communication du Programme Foncier d’ONU-Habitat, qui est très engagée dans la lutte pour les droits des femmes et qui participe à la promotion des droits fonciers des femmes à travers la synergie des associations féminines dans la République démocratique du Congo.

Les femmes jouent un r?le significatif dans le d?veloppement rural et occupent une place centrale dans l?activit? agricole. Dans les zones rurales, elles contribuent aux revenus familiaux et ? la croissance ?conomique de la communaut? de multiples fa?ons. Lorsqu?elles sont ?conomiquement et socialement autonomes, les femmes deviennent de puissants vecteurs de changement. Mais leur statut subalterne par rapport aux hommes les emp?che souvent de r?aliser pleinement leur potentiel. (Myriam Asmani/MONUSCO)

"Chez nous, la femme rurale n’est pas valorisée : elle n’a pas le droit à l’héritage, elle travaille dans les champs mais elle n’a pas de pouvoir de décision sur les revenus des champs qui sont gérés par les hommes de la famille", explique Emilie Matembera, représentante de la synergie des associations féminines du Territoire de Kalehe, une plateforme active dans la promotion des droits des femmes, notamment pour l’accès à la terre. Cette plateforme est née dans la foulée de la Journée internationale de la femme du 8 mars 2013 et suite à une série d’ateliers organisés par l’ONU-Habitat sur la gestion alternative des conflits fonciers et l’accès des femmes à la terre. Pour Madame Matembera, cette synergie, qui a abouti à la signature d’un acte d’engagement entre les associations féminines, permet de réunir les femmes "comme une seule personne pour défendre leurs droits". L’accès à la terre et aux ressources naturelles est indispensable pour la survivance d’une grande partie de la population à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), hommes et femmes confondus. Pourtant, la coutume  discrimine les femmes et les jeunes filles, ne leur donnant pas le droit d’acquérir de parcelles de terre. De plus, les décennies de violence en RDC ont exacerbé cette vulnérabilité, notamment en raison de l’insécurité engendrée par la présence des groupes armés et du fléau des violences sexuelles faites aux femmes. Michelle Bandungu (nom d’emprunt), raconte ainsi comment elle a été violée par des hommes armés et ensuite rejetée par sa famille. Elle travaille désormais dans l’Association des personnes déshéritées unies pour le développement, une des structures qui fait partie de la synergie et qui met à disposition des femmes membres une parcelle de terre qui leur permet de s’assurer un moyen de subsistance et de retrouver leur fierté. Conscientes du rôle qu’elles ont à jouer dans la pacification et le développement de leur territoire, les femmes membres de la synergie ont décidé de poursuivre leur engagement. Un plan d’action pour le premier semestre 2014, qui vise notamment à sensibiliser les membres des communautés sur le droit d’accès de la femme congolaise à la terre et à l’héritage, vient d’être élaboré. Biographie : Covadonga Murias Quintana, de nationalité espagnole, est une Volontaire de l’ONU chargée des rapports et de la communication du Programme Foncier d’ONU-Habitat à l’Est de la RDC depuis le mois d’avril 2013. Bac+5 en journalisme et spécialiste en communication Internationale et en gestion de projets/programmes de coopération, avant d’être recrutée comme volontaire, elle a travaillé comme Responsable de Communication en Haïti et au Maroc pour la coopération espagnole. Elle est très engagée dans la lutte pour les droits des femmes et participe à la promotion des droits fonciers des femmes à travers la synergie des associations féminines dans le Territoire de Kalehe (Sud Kivu).