L’expérience du Batey

20 novembre 2012
Le but de cette formation était de promouvoir la participation de parents d’enfants de moins de deux ans qui n’avaient pas encore été déclarés. Sans documents personnels d’identité, les enfants n’ont pas de droit à la nationalité ou d’accès aux institutions de l’Etat.
UN Volunteer Eykis Garc?a during her assignment at a Batey. San Francisco de Macor?s (Dominican Republic). (UNV programme, 2012)

Il s’agissait de ma première mission sur le terrain comme Volontaire des Nations Unies représentant le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) en République dominicaine. Depuis le début de ma collaboration comme analyste de terrain VNU pour le HCR, je travaille en tant que point focal suivant une approche axée sur la communauté, ce qui a totalement changé ma façon de voir les choses. Auparavant, je travaillais comme juriste au Tribunal foncier et j’avais l’impression que mon travail n’avait pas d’effet sur la situation des personnes de mon pays les plus vulnérables, les plus pauvres et victimes de discrimination.
Durant mes premières semaines avec le HCR, j’étais en charge de développer et d’organiser une formation pour les travailleurs de la communauté dans la province de San Pedro de Macorís, centrée sur les problèmes de documentation administrative de la population. Le but de cette formation était de promouvoir la participation de parents d’enfants de moins de deux ans qui n’avaient pas encore été déclarés. Sans documents personnels d’identité, les enfants n’ont pas de droit à la nationalité ou d’accès aux institutions de l’Etat. C’est une situation habituelle dans les « bateyes » (villes ouvrières où vivent les coupeurs de canne à sucre, composée de cabanes et de quelques maisons, souvent sans accès aux services et commodités).
Pendant ma mission, je devais organiser et animer des ateliers. D’autre part, en tant que membre de la brigade de documentation, j’ai préparé une présentation soulignant l’importance des documents personnels d’identité, ainsi que l’impact qu’ils pouvaient avoir sur différentes communautés. L’atelier a préparé les représentants de la communauté à des activités futures liées à la documentation.
Une première visite dans les bateyes avec les chefs de la communauté nous a permis de recueillir assez d’informations pour fournir des actes de naissance à 20 enfants, avec la collaboration du Consulat haïtien en République dominicaine et notre partenaire de mise en œuvre, l’Association scalabrinienne au service de la mobilité humaine (ASCALA).
Quand j’ai commencé à voir les enfants et les parents, et la façon dont ils appréciaient nos informations, même s’il s’agissait juste de répondre à une simple question, je me suis sentie bien. La brigade de documentation a été couronnée de succès ; 29 enfants ont obtenu leur acte de naissance et 95 demandes de passeports pour adultes ont été introduites. La journée fut longue, mais les représentants de la communauté, ASCALA et le personnel du HCR se sont tellement impliqués dans le processus que je n’ai même pas réalisé qu’il était déjà temps de partir. J’ai alors commencé à réaliser le but de mon travail et combien j’étais heureuse de faire partie du HCR et d’être une Volontaire ONU nationale.
 
"Il n’est pas de grand talent sans grande volonté". (Honoré de Balzac).______________________________________________

Bio: Eykis García Díaz est Analyste de terrain Volontaire des Nations Unies pour le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) en République dominicaine depuis février 2012.

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