Briser les stéréotypes liés au genre

31 mai 2017
Anima Dhakal
En avril 2015, suite au séisme au Népal, Amina Dhakal, ingénieure civile, s’est rendue à Karthali, Sindhupalchowk, afin de servir en tant que Volontaire de l’ONU.
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Amina Dhakal (à gauche) est une Jeune Volontaire de l’ONU, ingénieure civile à Karthali, Sindhupalchowk, Népal. Le graphique est extrait du rapport « Rebuilding with the Community after a Disaster : Volunteer Engagement in the 2015 Nepal Earthquake » (Reconstruire avec la communauté après une catastrophe : l’engagement des volontaires suite au séisme au Népal en 2015, publié en janvier 2017. • 4 324 résidents communautés engagés dans des activités « argent contre travail » • 40 % de femmes • 13 sur 83 Volontaires de l’ONU ayant servi en tant qu’ingénieurs dans les opérations du PNUD pour la démolition et la gestion des décombres étaient des femmes.

En tant que l’une des treize femmes qui ont servi comme ingénieures dans les opérations de démolition et de gestion des décombres, organisées par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Amina est venue a porté assistance dans les régions touchées par le séisme, grâce à ses compétences, dans un domaine traditionnellement dominé par les hommes.

« L’ingénierie est un métier pour les garçons, et les filles doivent étudier la gestion et travailler dans des banques. » dit-elle, rapportant les paroles de son oncle, alors qu’elle était encore étudiante et à la recherche de conseils professionnels, il y a quelques années.

Amina travaillait comme ingénieure de chantier pour un projet d’amélioration de l’approvisionnement en eau dans la Vallée de Katmandou. Lorsque le séisme s’est produit au Népal, elle était en réunion avec ses collègues et a été très choquée quand la terre a commencé à trembler et qu’un bâtiment non loin s’est effondré. Les jours suivants ont été encore plus difficiles, quand les informations sur les victimes, les glissements de terrain et les maisons détruites lui sont parvenues. Cela lui a fait comprendre l’ampleur des dégâts : Anima voulait aider, mais elle ne savait pas comment procéder.

Elle a ensuite commencé à travailler comme volontaire pour l’Association des Ingénieurs du Népal, avec qui elle a utilisé ses compétences pour estimer les dégâts des bâtiments dans la Valée de Katmandou. Pendant son travail, elle s’est rendue compte que les bâtiments qu’elle inspectait paraissaient sûrs, mais que leur structure était en réalité trop faible pour supporter le choc des séismes. Les gens ne comprenaient pas ce qu’impliquait une bonne construction, ou encore les conséquences graves qui pouvaient découler de matériaux de construction de mauvaise qualité.

La satisfaction personnelle que l’on ressent, quand une vieille dame vous remercie pour votre travail, ou lorsque vous voyez des enfants heureux de retourner à l’école, est inexplicable et inestimable. 

En mai 2015, Anima a rejoint le programme VNU et a été affectée à Karthali. Au début, ses parents étaient hésitants à l’idée de la laisser partir, car son lieu d’affectation faisait partie de ceux qui étaient les plus touchés. Alors qu’elle voyageait de Katmandou à Katharli, elle a fait le constat des glissements de terrain sur le chemin, de même que des centaines de constructions partiellement endommagées ou entièrement détruites.

Anima avait peur à cause des informations relatives aux violentes répliques, mais son désir d’aider les victimes a été plus fort, et elle a continué son voyage.

En arrivant à Katharli, elle n’a pas réussi à trouver une seule maison encore debout. La population, de son côté, était en état de choc et extrêmement vulnérable du point de vue émotionnel. Fille de la ville, elle a elle-même eu besoin d’un certain temps pour s’adapter aux conditions de vie difficiles et aux infrastructures de base disponibles.

Anima faisait partie d’un groupe de Volontaires de l’ONU ayant un savoir-faire en termes d’ingénierie. Ils ont organisé les opérations de démolition et de gestion des décombres pour le PNUD dans différents régions touchées par le séisme. Elle a pris part à l’estimation des structures endommagées et à la démolition des bâtiments qui ne pouvaient pas être conservés, jugés inutilisables pour servir d’habitations.

« La satisfaction personnelle que l’on ressent, quand une vieille dame vous remercie pour votre travail, ou lorsque vous voyez des enfants heureux de retourner à l’école, est inexplicable et inestimable. Servir en tant que volontaire après le séisme était une expérience dure, mais qui valait tout le travail fourni. Aider la population après le séisme est l’une des plus belles expériences de ma vie. » confie Amina, qui ajoute qu’elle se sent fière d’avoir été Volontaire de l’ONU, et qu’elle poursuivra son action volontaire à l’avenir.


Consulter (en anglais) UNV launches report on volunteer efforts in 2015 Nepal earthquake response.